La Belgique a officiellement accordé le statut de réfugié politique à Franck Diongo, une figure emblématique de l’opposition en République démocratique du Congo (RDC), marquant un tournant significatif dans son combat contre le régime de Félix Tshisekedi.
Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi à Bruxelles, Alexis Deswaef, l’avocat de Diongo, a annoncé cette décision tout en révélant le dépôt d’une plainte pénale contre les hauts responsables congolais, notamment le général-major Christian Ndaywel. Ce dernier, accusé de diriger les tortures infligées à Diongo, est également de nationalité belge, ce qui confère à la justice belge la compétence d’agir dans cette affaire.
Franck Diongo, président du « Mouvement lumumbiste progressif » (MLP), a été un acteur clé dans l’arène politique de la RDC. Lors de la dernière élection présidentielle, il a choisi de se retirer pour soutenir Moïse Katumbi, ex-gouverneur du Katanga, dans le but de renforcer les chances de l’opposition face à Tshisekedi.
Quelques jours avant le 64e anniversaire de l’indépendance de la RDC, Diongo n’a pas mâché ses mots pour dénoncer ce qu’il qualifie de « dictature sanguinaire » de Félix Tshisekedi, réélu l’année dernière dans des circonstances qu’il conteste fermement. « Nous commémorons cet anniversaire sous un régime qui opprime et réprime le peuple congolais », a-t-il déclaré, décrivant un climat politique marqué par « le tribalisme, le népotisme et l’égoïsme d’État. »
Diongo a témoigné des conditions inhumaines de sa détention arbitraire, subie , pendant vingt jours, dans les sous-sols des renseignements militaires. Selon son avocat, ces allégations soulèvent des questions alarmantes sur les pratiques du régime en place et mettent en lumière les violations massives des droits de l’Homme en RDC.
Craignant une nouvelle arrestation, Diongo s’est réfugié en Belgique en décembre dernier et a sollicité la protection en tant que réfugié politique début 2024. Le Commissariat général aux Réfugiés et aux Apatrides (CGRA) a validé sa demande en mai, estimant que son retour en RDC mettrait en danger sa sécurité, sa liberté, voire sa vie. « C’est un message politique puissant qui confère une nouvelle dimension aux déclarations de M. Diongo », a souligné Me Deswaef.
Une plainte pénale et des enjeux diplomatiques
En juin, une plainte pénale a été déposée auprès du procureur fédéral belge, basée sur la nationalité belge du général Ndaywel, accusé de crimes graves incluant torture, empoisonnement et privation de sommeil. Me Deswaef a appelé la diplomatie belge à agir, exhortant la ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, à interpeller son homologue congolais. « Nous ne pouvons pas accepter une diplomatie schizophrène qui félicite d’une main l’élection du président Tshisekedi tout en reconnaissant la persécution d’un de ses principaux opposants. »
Diongo a également lancé un appel au gouvernement belge pour qu’il soutienne le peuple congolais dans sa quête de justice et de démocratie. « La Belgique doit rester fidèle aux valeurs qu’elle prône : la démocratie, la transparence électorale et le respect de la constitution. Il est inconcevable qu’elle puisse être à l’aise face à l’état actuel du Congo », a-t-il affirmé avec ferveur.
Réveil Congo avec Lalibre.be

