La mission de Consultance effectuée par les inspecteurs des finances de l’IGF à la Gécamines, continue de susciter des réactions dans l’arène politique et médiatique congolaise. Alors que le Procureur Général près la Cour des comptes, Salomon Tudieshe avait brandi des infractions pour un service habileté à contrôler mais qui s’est transformé en auditeur, trois organisations de la société civile s’oppose diamétralement à la démarche de la cour des comptes. Elles y voient une motivation tendant à fragiliser l’incontestable et l’intouchable Inspecteur Jules Alingete.
En effet, dans une correspondance datée du lundi 22 juillet dernier, l’Observatoire de la dépense publique (ODEP), l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) et la Ligue congolaise de lutte contre la corruption (LICOCO) appellent le procureur général près la Cour des comptes à collaborer avec Jules Alingete, en mettant une trêve médiatique sur ce dossier.
Pour ces organisations, cette collaboration peut engendrer « un éclairage nécessaire à l’enquête de la Cour des comptes dans le respect des dispositions légales ».
Ainsi, elles appellent à l’apaisement dans ce dossier, estimant que la Cour des comptes et l’IGF sont des « institutions dépositaires du contrôle des finances publiques » et que, par conséquent, peuvent « ériger des ponts de convergence ayant pour finalité de veiller effectivement à la promotion du bien-être collectif, tributaire d’une gestion saine et transparente de derniers publics ».
L’appel de Salomon Tudieshe à Judith Suminwa
Il fallait attendre la rentrée judiciaire de la Cour des comptes,du 25 Juillet 2024, au Palais du Peuple, pour que le PG près la cour des comptes puisse fixer de nouveau la population quant aux attributions dévolues à son institution. Dans la lecture de sa mercuriale axée sur le renforcement de la cohésion et la solidarité nationales, sans ambages, il a fait savoir à la Première ministre que seule la Cour des comptes est l’institution supérieure de contrôle des finances publiques et de répression des fautes de gestion reconnue par la loi. Et son procureur est le seul maître de l’action publique en cette matière.
»Il n’y en a pas deux en RDC. Si vous l’apprenez dans une institution autre que la Cour, ce que c’est suspect », a martelé Salomon Tudieshe.
Faut-il de nouveau se verser dans le débat du rôle de la cour des comptes ? « Jules Alingete est au pied du mur », lâche un journaliste d’investigation.
L’opinion divisée
Les congolais qui suivent de près l’évolution de ce débat soutiennent curieusement le plaidoyer de ces structures. Ils pensent que ça vaut son pesant d’or d’autant plus que la discordance entre la Cour des comptes et l’inspection générale des finances arrangerait les prédateurs des deniers publics. Toujours dans cette catégorie de l’opinion, il y en a qui se mue en bouclier pour immuniser Jules Alingete contre les flèches mouchetées de ses prédateurs.
Point de vue que les autres ne partagent pas forcément. Pour eux, M. Alingete est redevable à la plus haute juridiction de contrôle en cas de fautes qui s’avèrent vraies dans sa gestion.
Toute la question est de savoir si la démarche entreprise par la cour des comptes aboutirait dans un contexte des malversations financières très élevé. Le faire couler est une illusion d’après beaucoup de congolais.
AKAMUS

