Dans un contexte de hausse généralisée des prix sur toute l’étendue du territoire national de la RD Congo, en particulier, au Kasaï-Central, le franc congolais continue de perdre de sa valeur, affectant divers aspects de la vie quotidienne. Pour explorer l’impact de cette inflation sur les prix des fruits, Bénédicte Bantu (Étudiante en économie et Aspirante Élite, à la Pépinière des Élites du Congo) a effectué une ronde, le 02 Août, dans deux marchés de la Ville de Kananga, à savoir, le marché appelé « Le petit marché d’immo » et le marché « Salongo ». Elle a recueilli les propos de cinq commerçantes, vendeuses de fruits, qui se sont confiées à elle, pour expliquer comment cette décote monétaire influence leurs activités.
Au marché d’Immo, Charlotte Batubenga, vendeuse des banane se plaint de la hausses vertigineuse des prix des bananes. Selon elle, l’inflation affecte directement le prix de ses marchandises. Elle achète les bananes auprès des producteurs qui utilisent des vélos pour le transport. Avec l’augmentation des coûts liés à l’entretien des vélos et au transport, les producteurs répercutent ces hausses sur le prix de vente des bananes. « Avant l’inflation, j’achetais une main de bananes à 750 francs congolais (FC) et je la revendais à 1500 FC. Maintenant, je l’achète à 1500 FC et je dois la revendre à 2500 voire 3000 FC pour subvenir aux besoins de ma famille », explique-t-elle. Pour cette vendeuse, la priorité est de répondre aux besoins de sa famille, ce qui justifie l’augmentation des prix.
De l’autre côté, toujours dans le même marché, Mme Monique KAPINGA (productrice et vendeuse des oranges) fait savoir que les oranges sont affectées par ce marasme économique.
Elle souligne, en effet, que l’inflation a un impact sur ses coûts de transport. « Avant, je dépensais 5000 FC pour transporter mes oranges et je les vendais à 300 FC l’unité. Maintenant, avec l’augmentation des prix du carburant, je dépense entre 8000 et 10000 FC pour le transport, ce qui m’oblige à vendre chaque orange à 500 FC », raconte-t-elle. Pour elle, l’objectif principal est de récupérer ses coûts de transport et d’éviter des pertes financières.
Par ailleurs, l’autre vendeuse voisine de Monique, Mme Anny voit également les prix de ses citrons augmentés en raison de l’inflation. « Quand le prix du maïs, un aliment de base, augmente, je suis obligée d’augmenter le prix de mes citrons pour nourrir ma famille. Avant l’inflation, je vendais un citron à 300 FC pour pouvoir acheter un sac de maïs à 3500 FC. Maintenant que le pot de maïs revient à 4500 FC, je vends mes citrons à 500 FC », soutient-elle.
Au marché Salongo, Mme Véronique NGALULA, commerçante des avocats souligne que ses produits sont moins mpactés par l’inflation, du fait que les avocats sont saisonniers. Cependant, Mme Rose NTUMBA note que ses mangues sont influencées par cette situation économique. Elle partage une perspective différente. Selon elle, les mangues étant des fruits saisonniers, leur prix est principalement influencé par la période de production et non par l’inflation. « Même avec l’inflation, le prix de mes mangues n’augmente pas », déclare-t-elle.
L’enquête révèle que l’inflation au Kasaï-Central a un impact significatif sur les prix des fruits dans les marchés de Kananga, bien que cet impact varie selon les types de fruits. Si certains, comme les bananes et les oranges, voient leurs prix augmenter à cause des coûts de transport et de production, d’autres, comme les avocats et les mangues, sont plus influencés par des facteurs saisonniers. Dans l’ensemble, l’inflation affecte le niveau général des prix, mais tous les produits ne sont pas touchés de la même manière.
Bénédicte BANTU NGALULA

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