Un sommet extraordinaire des chefs d’État de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) s’est tenu vendredi à Harare, au Zimbabwe. Lors de cette réunion, les dirigeants ont condamné les attaques menées par le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, contre l’armée congolaise et la Mission de la SADC en République démocratique du Congo (SAMIDRC). Ces actions ont été qualifiées de menace sérieuse pour la paix en RDC et dans la région, selon un communiqué officiel.
« Le Sommet a exprimé une profonde inquiétude face aux récentes offensives du M23 et des Forces de défense rwandaises (RDF) (…), considérant ces actes comme une violation du cessez-le-feu établi dans le cadre du processus de Luanda le 30 juillet 2024, et comme un danger pour la stabilité et la sécurité en RDC et dans la région », ont déclaré les chefs d’État de la SADC dans le communiqué publié à l’issue des discussions.
Les dirigeants des pays membres de la SADC ont également manifesté leur préoccupation face à la détérioration continue de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC, en particulier dans la ville de Goma. Ils ont appelé à la « restauration urgente des services essentiels, tels que l’eau, l’électricité, les communications et les voies d’approvisionnement en nourriture et en produits de première nécessité ».
Face à l’escalade des violences dans l’est du Congo, le Sommet a chargé le Comité de coopération en matière de politique, de défense et de sécurité de la SADC de dialoguer avec toutes les parties impliquées dans le conflit afin de favoriser une désescalade.
Un sommet conjoint entre la SADC et la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) a également été demandé pour examiner les mesures à prendre. « Le Sommet a insisté sur la tenue immédiate d’un sommet conjoint entre la SADC et l’EAC afin de discuter des actions à mener face à la situation sécuritaire en RDC, conformément à la recommandation du 24ᵉ Sommet extraordinaire des chefs d’État de l’EAC du 29 janvier 2025 », a-t-on pu lire.
Renforcement de la sécurité des troupes de la SADC
Par ailleurs, la SADC a décidé du déploiement immédiat des ministres de la Défense et des chefs militaires, en particulier des pays contributeurs de troupes en RDC, afin de renforcer la sécurité des forces déployées sous la bannière de la SAMIDRC et d’organiser le rapatriement des soldats blessés ou tués.
Les chefs d’État ont réaffirmé leur soutien inconditionnel à la RDC, soulignant l’engagement de la SADC à défendre son intégrité territoriale. « Le Sommet a réitéré la solidarité et l’engagement sans faille de la SADC à soutenir la RDC dans la défense de son indépendance, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale, ainsi que dans la recherche d’une paix durable et d’un développement stable », a ajouté le communiqué.
Madagascar a, de son côté, annoncé une aide médicale pour les blessés et les déplacés affectés par le conflit.
Enfin, les chefs d’État de la SADC ont réaffirmé leur soutien aux processus de paix de Luanda et de Nairobi. « Le Sommet a réitéré son appui aux efforts diplomatiques en cours pour une résolution pacifique du conflit, notamment le processus de Luanda, dirigé par le président angolais João Lourenço, et le processus de Nairobi, mené par l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta », ont-ils déclaré.
Tigana Kanku

