C’est un après-midi tendu au Parquet général près la Cour de cassation à Kinshasa. Ce mardi 03 juin, aux alentours de 14h, le ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba, s’est présenté au siège de la cour de cassation pour répondre à une invitation du procureur général Firmin Mvonde.
Accompagné d’une foule de militants de son parti politique et de quelques proches, il s’y est rendu finalement seul, aux côtés de son avocat, pour être entendu dans une affaire de détournement présumé de fonds publics.
Il y a quelques jours à peine, le ministre avait pourtant affirmé publiquement qu’il ne se présenterait pas à cette convocation. Mais le contexte a évolué : l’Assemblée nationale a donné son aval au parquet général pour l’ouverture de poursuites judiciaires contre lui. Une commission spéciale de 23 députés avait mené des auditions approfondies, dont celle du procureur Mvonde et du ministre Mutamba lui-même, avant de soumettre son rapport à la plénière. La majorité des élus a voté en faveur de cette autorisation.
L’affaire repose sur des accusations de détournement de près de 19 millions de dollars destinés à la construction de la prison centrale de Kisangani. Selon les documents judiciaires, les fonds auraient été mal utilisés, dans le cadre d’un marché public de gré à gré signé sous la responsabilité du ministre de la Justice.
Constant Mutamba, pour sa part, rejette en bloc ces accusations. Il affirme que le marché a été signé conformément à la législation en vigueur et que, faute de réaction dans les délais impartis, l’autorisation a été tacitement accordée. Il dénonce en outre une procédure biaisée et politiquement motivée.
Cette affaire cristallise les tensions entre les différentes institutions de la RDC et soulève de nouveau la question de la gestion transparente des fonds publics. Elle pourrait bien faire jurisprudence dans le cadre de la lutte contre la corruption au sommet de l’État, mettant en jeu l’indépendance de la justice et l’exemplarité des responsables publics.
À suivre.
Dans nos prochaines éditions en ligne et sur youtube, on vous fournira la suite de cette entrevue.

