C’est une scène aussi insoutenable que révélatrice des fractures internes qui gangrènent l’UDPS. Une vidéo glaçante, largement relayée sur les réseaux sociaux, montre les dernières minutes de vie de Kabasele Wampanga, cadre du parti présidentiel, pro Déo , violemment battu à mort, par des présumés membres du camp Kabuya. L’homme, affaibli, y implore de l’eau, signe clinique selon certains médecins d’une défaillance multi-organique due à un traumatisme extrême.
Le nom d’Augustin Kabuya, l’un des deux secrétaires généraux rivaux de l’UDPS, est régulièrement cité dans ce drame. Selon plusieurs témoignages, les hommes à l’origine des coups mortels seraient issus de son camp. Le reproche adressé à Kabasele ? Avoir pris fait et cause pour Déo, le principal opposant interne à Kabuya dans la guerre de positionnement que se livrent ses deux secrétaires généraux de l’UDPS.
Cette tragédie, survenue dans un climat déjà tendu, remet en lumière la violence inouïe qui accompagne les querelles de positionnement au sein même de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social. Kabasele n’était pas un inconnu. Il avait déjà été incarcéré à la prison de Makala pour les mêmes raisons, victime d’un précédent épisode de cette guerre intestine.
Le journaliste Stanis Bujakera, visiblement ému, a confié que « en 2024, il avait partagé le même pavillon que lui à Makala, où Kabasele croupissait déjà pour avoir exprimé un choix différent dans la gestion du parti. » Un témoignage qui rappelle que cette histoire de clan dépasse les simples divergences idéologiques : elle tue.
« Kabasele Wampanga, cadre de l’UDPS, est tragiquement décédé quelques heures après avoir été violemment battu dans le cadre de conflits entre factions rivales au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social. En 2024, j’avais partagé le même pavillon que lui à la prison de Makala, où il avait été incarcéré en raison de ces mêmes rivalités internes au parti présidentiel, révélant ainsi les tensions profondes et les conséquences dramatiques des luttes de pouvoir et de positionnement au sein de cette formation politique de Félix Tshisekedi », écrit Bujakera.
En cette période où l’UDPS devrait incarner l’exemplarité démocratique, la mort tragique de Kabasele Wampanga jette une ombre lourde sur la famille politique du président Tshisekedi.
Tigana Kanku

