Près d’une semaine après les frappes menées sur plusieurs installations nucléaires iraniennes, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé que les stocks d’uranium du pays restent intacts. L’agence onusienne reste toutefois préoccupée par l’impossibilité de garantir que le programme nucléaire de Téhéran est uniquement à des fins pacifiques.
Les inspections récentes ont permis de constater que l’Iran dispose encore de quantités importantes d’uranium enrichi, notamment à un taux de 60 %, un seuil proche de celui nécessaire à la fabrication d’une arme nucléaire. Bien que les bombardements aient causé des dégâts sur plusieurs sites, dont Fordo et Ispahan, l’AIEA a reconnu qu’il était difficile de mesurer précisément l’étendue des destructions, surtout dans les installations souterraines.
Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, a estimé que l’Iran possédait toujours la capacité technique de reprendre l’enrichissement à haut niveau dans les mois à venir, ce qui alimente les inquiétudes. Il a également souligné que le manque d’accès complet aux informations et aux sites nucléaires restait un obstacle majeur à la vérification de la nature pacifique du programme.
Selon Grossi, malgré l’ampleur des frappes, l’Iran pourrait remettre en marche ses centrifugeuses d’ici peu pour produire de l’uranium à haut taux d’enrichissement. Ce constat intervient alors que les inspecteurs de l’agence n’ont plus vu les réserves d’uranium depuis le 10 juin, situation qui limite fortement leur capacité de contrôle.
De son côté, l’ancien président américain Donald Trump a affirmé, dans un entretien accordé à Fox News, que les stocks d’uranium iraniens n’avaient pas été déplacés avant les frappes. Il a expliqué qu’aucune alerte préalable n’avait été donnée afin d’empêcher toute tentative de transfert.
Par ailleurs, la suspension partielle de la coopération de l’Iran avec l’AIEA complique encore davantage la situation. Le Parlement iranien a récemment voté une loi limitant cette collaboration, approuvée par le Conseil des Gardiens et désormais en attente de ratification présidentielle. Grossi a rappelé que, selon lui, un traité international prime toujours sur une loi nationale et que l’Iran devait respecter ses engagements de transparence.
Du côté américain, le secrétaire d’État Marco Rubio a réaffirmé sur le réseau X le soutien de Washington aux missions de surveillance de l’AIEA en Iran, appelant Téhéran à garantir la sécurité de son personnel.
Enfin, Téhéran a reproché à l’AIEA l’adoption d’une résolution le 12 juin, jugée partiale, l’accusant de non-respect de ses obligations nucléaires. Les autorités iraniennes estiment que cette décision aurait servi de prétexte à Israël et aux États-Unis pour justifier les frappes récentes. Grossi, pour sa part, a réfuté toute responsabilité directe de l’agence dans l’escalade des tensions, soulignant qu’il n’était pas raisonnable de lui imputer l’origine du conflit.
AKAMUS

