Le Shandong, premier porte-avions entièrement construit en Chine, a fait une escale remarquée à Hong Kong du 3 au 8 juillet, transformant le port en vitrine de la puissance militaire chinoise. Officiellement, cette visite célèbre trois dates-clés : les 28 ans du retour de Hong Kong dans le giron chinois, les 28 ans de présence de l’Armée populaire de libération (APL) sur le territoire, et le cinquième anniversaire de la loi sur la sécurité nationale, symbole du resserrement du contrôle de Pékin.
Mais au-delà des visites pour enfants et des démonstrations d’entraînement, le message est limpide : Pékin défie directement Washington. Long de 300 mètres et pesant 70.000 tonnes, le Shandong est conçu pour faire décoller les chasseurs J-15P, les mêmes qui ont déjà mené des manœuvres dans le détroit de Taïwan. Or, Taïwan reste la ligne rouge absolue pour la Chine, qui jure de « réunifier » l’île malgré le soutien militaire américain à Taipei.
La démonstration de force vise également l’Asie-Pacifique, en particulier les Philippines, un autre point de tension stratégique où les ambitions territoriales chinoises inquiètent les États-Unis. En mai dernier, le ministre américain de la Défense avait d’ailleurs averti Pékin contre toute escalade dans la région. Réponse immédiate de la Chine : une hausse de son budget militaire et une présence accrue de sa flotte.
Le Shandong à Hong Kong est donc bien plus qu’un symbole patriotique : c’est un signal envoyé à Washington et à ses alliés. Malgré les pressions occidentales, la Chine poursuit son expansion militaire et rappelle qu’elle est prête à défendre ses intérêts régionaux — de Hong Kong à Taïwan, en passant par les îles disputées en mer de Chine méridionale.
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