Pour la première fois depuis sa nomination, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, se rend le samedi 04 Octobre à Bunia, chef-lieu de l’Ituri. Un déplacement très attendu et symbolique dans une province où l’exploitation minière reste à la fois une source d’opportunités économiques et un foyer de multiples tensions.
Depuis plusieurs mois, l’Ituri est au centre des débats nationaux autour de la gestion des ressources naturelles.
Des rapports signalent l’implication de certains officiers militaires dans l’exploitation illégale de l’or, en complicité avec des leaders locaux.
À cela s’ajoute un phénomène de « gangstérisme minier », observé dans certaines coopératives opérant sans réel contrôle de l’administration locale, profitant de trafics d’influence qui privent l’État de recettes importantes.
Dégradation des ressources naturelles
L’exploitation semi-industrielle de l’or, particulièrement dans les territoires de Djugu, Irumu et Mambasa, accentue la dégradation des sols, de la flore et des rivières. Les impacts écologiques deviennent alarmants, compromettant la durabilité des ressources naturelles et menaçant l’équilibre environnemental.
Récemment, le gouverneur militaire de l’Ituri a interdit les activités minières dans plusieurs localités, notamment Mabanga, Lopa, Nizi et Iga-Barrière. Une mesure qui, si elle visait à endiguer les dérives, a profondément perturbé la vie socio-économique de ces agglomérations dépendantes de l’activité minière.
Malgré les dérives, l’exploitation minière reste un secteur vital pour l’Ituri et pour l’ensemble de la RDC. Les défis consistent aujourd’hui à valoriser cette richesse en maximisant les recettes publiques, tout en assurant un véritable développement local et national.
Une mission porteuse d’attentes
L’arrivée de Louis Watum Kabamba à Bunia est perçue comme une opportunité de relancer le dialogue sur la gouvernance du secteur. Le ministre est attendu sur des engagements concrets pour lutter contre l’exploitation illégale, encadrer les coopératives minières, protéger l’environnement et renforcer la contribution des mines au trésor public.
Pour la population comme pour les acteurs économiques, cette première visite ministérielle sera un test crucial, afin de mesurer la volonté du gouvernement d’apporter des solutions durables aux problèmes qui gangrènent l’exploitation minière en Ituri.
Rédaction

