La Banque centrale du Congo (BCC) a publié, ce mercredi 15 octobre 2025, de nouveaux taux indicatifs confirmant une forte appréciation du franc congolais. Selon les chiffres officiels, un dollar américain s’échange désormais à 2 112,52 CDF, contre environ 2 330 CDF il y a à peine quelques jours.
Une baisse rapide qui interpelle et suscite de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique.
Une amélioration sur le papier, pas dans les marchés
Si la monnaie nationale semble se renforcer selon les données officielles, le panier de la ménagère, lui, ne ressent toujours pas cette amélioration. Le décalage entre les chiffres macroéconomiques et la réalité quotidienne reste flagrant.
Une stabilité artificielle ?
Pour certains analystes économiques, cette variation spectaculaire du taux de change pourrait résulter de mesures administratives ou d’interventions ponctuelles de la BCC, sans effet durable sur l’économie réelle.
« On assiste peut-être à une correction technique, mais pas à une amélioration structurelle. Tant que la production nationale reste faible et que le pays dépend massivement des importations, la pression sur le franc congolais reviendra », explique un économiste contacté par Actu2.cd.
Un écart persistant entre taux officiel et marché parallèle
Sur le terrain, les cambistes profitent de la situation pour abuser de la population. Ils achètent les devises à des taux anormalement bas, bien inférieurs à ceux publiés par la BCC, alimentant ainsi une confusion et une méfiance généralisées.
Le pouvoir d’achat, grand oublié
L’enjeu majeur demeure le pouvoir d’achat des Congolais, qui ne bénéficie toujours pas de cette supposée reprise du franc. La population attend que cette baisse du dollar se traduise concrètement dans le coût des biens et services.
Tant que cette corrélation directe n’est pas perceptible, la confiance restera fragile, et beaucoup continueront de douter de la solidité de cette « embellie monétaire ».
Une reprise en trompe-l’œil ?
En somme, la RDC traverse une période paradoxale : un franc congolais en hausse sur le papier, mais un coût de la vie toujours élevé.
Une situation qui pose la question de la transparence des mécanismes de régulation monétaire et de la capacité du gouvernement à stabiliser durablement l’économie réelle.
Martin Tadiya, Actu2

