Des voix se lèvent après l’exposition à moitié nue de la braqueuse Honorine Porshe, le jeudi 16 octobre 2025, lors de l’opération mixte FARDC-Police Nationale Congolais, à l’Agence Rawbank-Victoire. Me Magalie Dosi Kisansa s’insurge avec la dernière énergie contre ce traitement. Dans une communication qu’elle a faite, le vendredi 16 Octobre, elle condamne ce drame, en sa qualité de la Présidente nationale a.i de la DCU, et de fervente défenseure des droits de la femme.
« Non la déshumanisation des femmes : respectons la constitution ! en ma qualité de Présidente nationale a.i. de la DCU, un parti qui prône le respect des textes et des lois régissant notre pays, et en tant que fervente défenseure des droits de la femme, je ne pourrais pas passer sous silence cet acte. Je m’insurge avec la plus grande fermeté contre le traitement inhumain infligé à la dame présentée comme membre du groupe de criminels armés ayant tenté de braquer la Rawbank Victoire », dénonce-t-il.
Par ailleurs, Me Magalie Dosi s’offusque après avoir vu cette vidéo devenue virale : « J’ai été profondément choquée à la vue des vidéos devenues virales montrant son arrestation alors qu’elle était pratiquement dénudée, un acte qui constitue une atteinte grave à sa dignité et à son intimité. Loin de moi l’idée d’encourager la criminalité, mais je souhaite plutôt prôner le respect des droits des personnes, même lorsqu’elles sont arrêtées ou prises en flagrant délit. Quelle que soit la gravité des faits qui lui sont reprochés, nul ne devrait être dénudé ni exposé à l’humiliation publique ».
Loin d’elle l’idée de soutenir la criminalité, elle souligne, néanmoins, que la Constitution de la République Démocratique du Congo consacre, en son article 16, que : « La personne humaine est sacrée. L’État a l’obligation de la respecter et de la protéger. Nul ne peut être soumis à un traitement cruel, inhumain ou dégradant. »

Cette disposition constitutionnelle, soutient-elle, rappelle clairement que la dignité et l’intimité de toute personne doivent être protégées, quelles que soient les circonstances.
Et d’interpeller : « Pourquoi continue-t-on à dénuder et ridiculiser des femmes, alors même que nos lois garantissent la protection de la personne humaine ? La justice, qu’il s’agisse des arrestations ou de toute autre procédure, doit s’exercer dans le respect des droits humains, sans discrimination ni violence morale ou physique. Aucune société ne peut prétendre rendre la justice si elle nie la dignité de ses propres citoyens ».
Rappel
Lors de l’arrestation de Honorine Porshe, suspectée d’être membre de la bande, une scène étonnante s’était produite. Embarquée dans un pick-up de la police presque dénudée, elle avait été exposée publiquement devant une foule choquée. Plusieurs policiers s’étaient disputés pour l’escorter au poste, le véhicule ne pouvant contenir tout le monde. Cette situation, largement relayée sur les réseaux sociaux, avait suscité des interrogations sur le respect des procédures et le professionnalisme des forces de l’ordre.
Ce vendredi, elle avait déposé plusieurs affirmations lors d’un interrogatoire : elle a déclaré avoir subi des atteintes à son intimité par certains agents, et qu’elle avait été conduite presque nue. Elle a également indiqué que l’argent et les téléphones qu’elle possédait avaient été saisis par les forces de l’ordre.
AKAMUS

