À quelques jours des élections du Comité Olympique Congolais (COC), prévues le 14 novembre à Mbwela Lodge, l’ancien ministre des Sports, François Kabulo Mwana Kabulo, a annoncé son retrait de la course au poste de trésorier général adjoint. Dans une sortie médiatique remarquée, il fustige le non-respect des valeurs olympiques, les irrégularités dans le processus électoral et un climat qu’il juge “désordonné”.
C’est un véritable coup de tonnerre dans le monde du sport congolais. Alors qu’il était attendu parmi les candidats influents à l’élection du Comité Olympique Congolais (COC), l’ancien ministre des Sports, François Kabulo Mwana Kabulo, a choisi de jeter l’éponge. Sa décision, annoncée publiquement à travers une interview télévisée, met en lumière les tensions internes et les failles d’un système sportif en quête de crédibilité.
« Après analyse de l’état de fonctionnement actuel du Comité Olympique Congolais, je constate, avec regret, que les valeurs olympiques prônées par le Comité international olympique pour la promotion du sport et la construction d’un Congo meilleur ne sont pas respectées », a déclaré l’ancien ministre, visiblement déçu. Il a dénoncé sans détour un climat de “désordre”, des “irrégularités” dans le processus électoral et une “opacité inquiétante” dans la gestion des instances sportives.
Kabulo, qui devait affronter Bienvenu Matenda, président de la Fédération d’athlétisme du Congo (FEACO), préfère se retirer “par principe”. “Il est difficile d’évoluer dans un système où les valeurs olympiques sont bafouées. Je ne peux pas évoluer dans le désordre”, a-t-il ajouté, signant ainsi un désaveu clair du mode de gouvernance du COC.
Derrière cette décision se cache aussi un aspect administratif. La commission électorale du COC avait relevé que le dossier de l’ancien ministre comportait six pièces manquantes — parmi lesquelles un certificat de nationalité, un casier judiciaire et un certificat de bonnes mœurs. Autant d’éléments qui auraient pu compromettre la validation officielle de sa candidature.
Pendant ce temps, le président sortant Amos Mbayo Kitenge, en poste depuis 14 ans, brigue un nouveau mandat, malgré des appels insistants à la réforme et à la transparence.
Le retrait de François Kabulo vient donc relancer le débat sur la gouvernance du sport congolais. Faut-il y voir un acte de lucidité, une dénonciation courageuse, ou le signe d’un système à bout de souffle ? Quoi qu’il en soit, le geste de l’ancien ministre résonne comme un cri d’alarme : celui d’un homme qui préfère se retirer plutôt que de cautionner un jeu qu’il juge faussé.
Merveille Kabongo

