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Accord de paix signé mais méfiance visible : oui, Tshisekedi et Kagame n’ont pas joué à l’hypocrisie !

Les États-Unis ont accueilli, ce jeudi 4 décembre, une cérémonie présidée par le président américain Donald Trump visant à entériner un accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Signé par Félix Tshisekedi et Paul Kagame, ce texte est présenté comme un nouveau cadre pour tenter de mettre fin à trois décennies de violences dans l’Est de la RDC.

Mais un détail n’a échappé à aucun observateur : aucune poignée de main n’a eu lieu entre les deux chefs d’État.
Tout au long de la cérémonie, Félix Tshisekedi et Paul Kagame sont restés extrêmement distants, ne s’adressant pas directement la parole. Cette froideur soulève une question : la méfiance reste-t-elle vive malgré la signature de l’accord ?

Cette atmosphère tendue contraste fortement avec l’objectif officiel de la rencontre. Car à la veille même de la cérémonie, les combats se sont intensifiés dans la province du Sud-Kivu. Des affrontements violents ont opposé une nouvelle fois le M23, soutenu par Kigali, aux Forces armées de la RDC et à des groupes alliés. Cette résurgence de la violence intervient alors que les deux pays avaient déjà paraphé un accord similaire en juin dernier à Washington.

Malgré ces engagements successifs, la région, riche en minerais stratégiques, demeure en proie aux hostilités. Les autorités congolaises et le M23, qui nie officiellement tout lien avec le Rwanda, continuent de s’accuser mutuellement de violer les cessez-le-feu négociés notamment sous médiation qatarie à Doha.

Depuis mardi, plusieurs secteurs du Sud-Kivu ont été le théâtre d’affrontements intenses, alors que le M23 poursuit sa progression. À Kaziba, désormais sous son contrôle, un responsable administratif local, René Chubaka Kalembire, a indiqué que de nombreuses habitations avaient été touchées et que plusieurs victimes étaient à déplorer.

Ces violences, enracinées depuis trois décennies, se sont aggravées cette année avec la prise de Goma et de Bukavu par le M23. Les cessez-le-feu décrétés depuis 2021 n’ont jamais tenu durablement, entraînant des déplacements massifs de populations et une aggravation de la crise humanitaire.

Kigali, de son côté, affirme que sa sécurité est menacée par des groupes armés, dont les FDLR, issues d’anciens responsables hutus liés au génocide de 1994. Le Rwanda conditionne ainsi la fin de ce qu’il présente comme ses « mesures défensives » à la neutralisation de ces groupes.

Avant la signature, Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont été reçus séparément à la Maison Blanche. La cérémonie s’est déroulée ensuite à l’Institut américain pour la paix, récemment rebaptisé « Institut Donald Trump pour la Paix ».

Selon la porte-parole du président congolais, Tina Salama, l’accord comporte plusieurs volets : un cadre pour la paix, un dispositif d’intégration économique régionale et un partenariat stratégique avec Washington concernant l’exploitation des ressources minières congolaises. Elle a aussi précisé que le texte inclut des mesures de désengagement, de désarmement et une réintégration individualisée des combattants des groupes armés.

Du côté américain, Donald Trump voit dans cet engagement une dimension économique et stratégique. Il a exprimé la volonté que les États-Unis puissent accéder aux minerais congolais afin de limiter la dépendance vis-à-vis de la Chine. Premier producteur mondial de cobalt, la RDC détient également une part majeure des réserves mondiales de coltan, essentiel à l’industrie électronique.

Interrogée sur d’éventuelles contreparties, y compris la question des migrants expulsés par les États-Unis, Tina Salama a indiqué que rien n’était encore déterminé. Elle a également rejeté toute notion d’un « marché » qui échangerait la paix contre les ressources minières, réaffirmant la volonté de Kinshasa de préserver sa souveraineté.

De son côté, le Rwanda a déjà conclu un accord économique similaire avec Washington.

La Rédaction

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