Après plusieurs mois de démentis du clan PPRD et de ses alliés, la réalité semble rattraper l’ancien président Joseph Kabila.
Dans un communiqué officiel publié cette semaine, l’Alliance fleuve congo/mouvement du M23(AFC-M23) dirigée par Corneille Nanga a annoncé la signature d’un pacte de collaboration avec le mouvement « Sauvons la RDC » initié par Kabila.
Une annonce qui secoue la scène politique congolaise et remet en cause la crédibilité de l’ancien chef de l’État.
Jusqu’ici, le camp Kabila niait toute proximité avec la rébellion du M23.
La publication de ce pacte met fin aux spéculations : l’ancien président, à travers son mouvement « Sauvons la RDC », collabore désormais officiellement avec une organisation armée active dans l’Est du pays.
Une question divise désormais l’opinion : faut-il encore soutenir un ancien président qui s’allie avec un mouvement rebelle ?
Cette révélation embarrasse plusieurs figures politiques qui s’étaient associées à Sauvons la RDC lors des réunions de Nairobi.
Beaucoup avaient soutenu que le M23 et l’AFC n’étaient pas liés à Kabila.
Le communiqué de Corneille Nangaa les dément publiquement et renforce la position du gouvernement congolais, qui affirmait depuis des mois l’existence de cette collusion.
Des précédents historiques qui se répètent
Depuis 2008, les rébellions dans l’Est du pays se succèdent avec un scénario presque identique.
Le CNDP de Laurent Nkunda signe un accord de paix à Goma, puis reprend la guerre.
En 2012, le M23 voit le jour et relance le cycle de violences.
Battu en 2013, il revient aujourd’hui sous une nouvelle forme avec l’AFC-M23.
Pour beaucoup d’observateurs, ces résurgences témoignent de liens politiques jamais rompus entre les anciens régimes et les groupes armés.
Plusieurs décisions de Joseph Kabila continuent d’alimenter la controverse :
1. Refus d’assumer la transition démocratique
Accusé d’avoir manipulé les élections de 2018 et imposé des candidats au Parlement, l’ancien président s’est aliéné une grande partie de l’opinion.
2. Boycott des élections de 2023
Son appel au boycott a été perçu comme un acte de défiance envers les institutions démocratiques et un signe de retrait politique.
3. Exil à l’étranger
L’éloignement de Kabila a affaibli l’opposition, laissant le champ libre au régime Tshisekedi.
4. Séjour dans les zones occupées par le M23
Ce geste, jugé « irréfléchi » par plusieurs analystes, est interprété comme une allégeance politique et morale à une rébellion soutenue par le Rwanda.
5. Création du mouvement « Sauvons la RDC »
L’initiative, lancée depuis l’exil, est vue par certains comme une couverture politique pour une insurrection à venir.
Les récentes déclarations de Joseph Kabila, combinées à sa collaboration affichée avec l’AFC-M23, le placent dans une posture délicate.
Ses anciens alliés se taisent, et plusieurs figures de l’opposition prennent leurs distances.
Pour une large partie de la population, le mythe Kabila est désormais brisé.
Après 18 ans au pouvoir, que peut encore offrir Joseph Kabila à la RDC qu’il n’a pas accompli durant ses deux mandats ?
Et comment prétendre « sauver la République » en pactisant avec un mouvement accusé de déstabiliser le pays ?
L’alliance entre Sauvons la RDC et l’AFC-M23 constitue un tournant majeur dans la vie politique congolaise.
Alors que le gouvernement affirme détenir la preuve d’une « trahison nationale », la question reste ouverte :
Joseph Kabila prépare-t-il un retour politique ou une confrontation.
La Rédaction

