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Provinces

Kinshasa : Honorine Porshe déclarée atteinte de troubles mentaux, le tribunal s’interroge sur sa responsabilité pénale

Nouveau rebondissement dans le procès très suivi de la braqueuse présumée Honorine Porshe Massamba, jugée pour terrorisme, association des malfaiteurs et vol à main armée après le braquage d’une agence de la Rawbank le 16 octobre dernier. Lors de l’audience du mardi 11 novembre au Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe, un médecin du Centre neuro-psycho-pathologique (CNPP) de Kinshasa a révélé que la prévenue souffrirait de troubles mentaux consécutifs à un passé personnel marqué par de profonds traumatismes.

Le docteur Roland Nengi, spécialiste au CNPP, a affirmé à la barre qu’Honorine Porshe présente « une personnalité antisociale » découlant de traumatismes vécus durant l’enfance, aggravés par « le refus de la garde de ses enfants et par un lourd endettement auprès de plusieurs institutions financières en Allemagne ».

« Elle paraît en bonne santé, mais sa tête est dérangée », a déclaré le médecin, avant d’ajouter : « D’ailleurs, il y a beaucoup de gens à Kinshasa qui souffrent de dépression sans le savoir ».

Ce diagnostic a immédiatement été exploité par la défense, qui a soutenu que leur cliente est une démente, plaidant la non-imputabilité des faits. Mais le magistrat du parquet a rejeté cette thèse, estimant que la lucidité dont a fait preuve la prévenue lors du braquage contredit tout trouble mental : « La prévenue n’est pas une démente. Elle a opéré en toute connaissance de cause. Elle n’a rien comme dépression, c’est une entreprise criminelle », a-t-il martelé.

L’audience a également été marquée par la projection de vidéos de surveillance montrant la banquière Bénédicte Tshiola remettant des liasses d’argent à Honorine Porshe vers 9 h 45. « Oui, je reconnais qu’elle m’avait donné de l’argent après l’avoir menacée de mort. C’est alors qu’elle m’a remis de l’argent », a admis la prévenue devant les juges.

Les images ont par ailleurs révélé la présence d’un militaire de la task force de la 14ᵉ région et d’un autre individu non identifié, visibles en train de récupérer des liasses d’argent quelques minutes après le braquage. Aucun des quatre militaires déférés devant le tribunal n’a toutefois été aperçu sur les lieux au moment des faits.

Concernant l’arme utilisée, le magistrat a précisé qu’il s’agissait d’un « jouet », mais qui, selon la jurisprudence, est considéré comme une arme de guerre par simulation, car « elle a joué un rôle d’inspirer la peur dans le vol ».

« Le tribunal se sent suffisamment éclairé et renvoie au 14 novembre le réquisitoire du magistrat du parquet et la plaidoirie des avocats », a conclu le major-magistrat Freddy Eumé, président de la composition.

La Rédaction 

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