L’ancien député national Jean-Claude Kibala a formellement rejeté toute implication dans les activités minières du site de Lugushwa, situé dans le territoire de Mwenga, en province du Sud-Kivu. Ce démenti a été rendu public ce mercredi à travers une déclaration officielle de la cellule de communication du parti politique Mouvement Social (MS).
Dans cette déclaration, Jean-Claude Kibala qualifie de « diffamatoires, politiquement motivées et dénuées de tout fondement » les accusations diffusées sur les réseaux sociaux par Alix_rdc, mettant en cause le député honoraire Charly Wenga ainsi que d’autres acteurs qu’il présente comme proches de la majorité présidentielle.
Ces accusations lieraient l’ancien élu à des sociétés chinoises impliquées dans l’exploitation minière du site de Lugushwa.
Selon les responsables du Mouvement Social, ces allégations s’inscrivent dans une campagne de désinformation visant à détourner l’attention de l’opinion publique des véritables défis auxquels la République démocratique du Congo est confrontée, notamment l’insécurité persistante et la mauvaise gouvernance des ressources naturelles.
Jean-Claude Kibala rappelle que la zone minière de Lugushwa est placée sous le contrôle exclusif des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Il affirme que certaines sociétés chinoises opéreraient dans la région sans autorisation légale, sous couvert de coopératives minières fictives, avec la complicité présumée de certains responsables politiques et militaires.
Il évoque à ce sujet une mission parlementaire conduite en 2021, laquelle aurait documenté plusieurs cas d’exploitation illégale dans cette zone. Toutefois, souligne-t-il, les recommandations issues de cette mission n’auraient jamais été mises en œuvre.
L’ancien député insiste sur le fait qu’il n’entretient aucun lien juridique, financier ou opérationnel avec les sociétés ou coopératives minières actives à Lugushwa. Il fait référence à un enregistrement audio attribué au député honoraire Charly Wenga, dans lequel des officiers congolais seraient cités comme assurant la sécurité des exploitants chinois et facilitant l’exportation illégale de l’or vers le Rwanda via Bukavu, en franchissant plusieurs barrières militaires, notamment celles des FARDC et des Wazalendo.
Selon Jean-Claude Kibala, ces faits remonteraient à 2019, bien avant la réapparition du mouvement rebelle M23 dans l’est du pays.
Concernant le cadre légal du site, il précise que la société Lugushwa Mining, détentrice du titre officiel d’exploitation, appartient au groupe Strategos Mining Exploration (SMX), basé à Kinshasa, avec lequel il affirme n’avoir aucun lien direct ou indirect.
Qualifiant d’« absurdes et malveillantes » les accusations portées contre lui, Jean-Claude Kibala estime qu’il est irréaliste de l’associer à des activités minières se déroulant dans une zone sous surveillance permanente de l’armée et des services de sécurité de l’État.
Il avertit enfin que la liberté d’expression ne saurait justifier la diffusion de fausses informations et annonce que des poursuites judiciaires pourraient être engagées contre les auteurs de ces accusations. il appelle par ailleurs les autorités compétentes à renforcer la lutte contre l’impunité et à mettre fin au pillage des ressources naturelles de la République démocratique du Congo.
Isaka Kijana

