Une nouvelle déclaration confirme ce que de nombreux rapports internationaux documentaient depuis plusieurs années. Corneille Nangaa, coordonnateur du mouvement politico-militaire Alliance Fleuve Congo (AFC), a publiquement reconnu, ce mardi 27 janvier 2026, une collaboration entre son mouvement, le M23, le Rwanda et l’Ouganda, dans un contexte de guerre persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Je confirme ici que nous collaborons avec le Rwanda. Et nous ne collaborons pas seulement avec le Rwanda, nous collaborons avec l’Ouganda », a déclaré Corneille Nangaa, évoquant notamment les échanges transfrontaliers quotidiens et la coopération entre services d’immigration dans les zones frontalières. Selon lui, plus de 40 000 personnes traverseraient chaque jour les frontières entre la RDC et le Rwanda.
Ces propos interviennent quelques jours après un aveu officiel de Kigali. En janvier 2026, l’ambassadrice du Rwanda aux États-Unis, Mathilde Mukantabana, a reconnu devant le Congrès américain l’existence d’une « coordination sécuritaire » entre le Rwanda, l’AFC et le M23. Kigali justifie cette collaboration par la lutte contre les FDLR et la protection de sa sécurité nationale.
Concernant le dialogue inclusif pour la paix, Nangaa insiste sur les préalables indispensables : « Les négociations concernent ceux qui ont pris les armes et contre qui ils ont pris les armes. C’est-à-dire, l’AFC/M23 avec le régime de Kinshasa ». Avant d’élargir le dialogue à un cadre national plus inclusif, il faut donc d’abord régler la relation directe entre les rebelles et l’État congolais.

