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Provinces

Scène choquante à Goma : une femme enceinte retrouvée morte après un enlèvement, l’insécurité s’aggrave

La ville de Goma continue d’être secouée par une vague inquiétante d’enlèvements suivis d’assassinats. La dernière victime en date est MAPENDO KASOLE CHRISTELLE, une femme enceinte de sept mois, retrouvée morte quelques heures après son enlèvement survenu dans la soirée du mardi 27 janvier.

Selon des témoignages recueillis dans son quartier, Christelle a été enlevée vers 19 heures par des hommes en tenue civile au quartier Nyabushongo, en montant vers les Bitanké. Elle revenait de l’hôpital où son mari est interné. Ce dernier aurait récemment échappé à une tentative d’enlèvement attribuée à des militaires en patrouille, selon des sources locales.

Quelques heures après sa disparition, le corps sans vie de la jeune femme a été découvert à Munigi, dans le territoire de Nyiragongo, non loin d’une position occupée par les autorités en place. Au même endroit, deux autres corps ont été retrouvés : celui d’un homme d’environ 60 ans et celui de sa fille âgée de 16 ans.

Cette découverte macabre renforce le climat de peur qui règne dans la ville. Depuis plusieurs semaines, Goma enregistre une recrudescence des cas d’enlèvements suivis d’exécutions, souvent dans des zones pourtant présentées comme sécurisées. Avant-hier encore, un étudiant avait été tué dans des circonstances similaires.

Face à cette situation, de nombreuses questions restent sans réponse. Qui tue à Goma et dans ses environs sans être inquiété par les services de sécurité ? Comment expliquer que ces crimes se produisent dans des zones sous contrôle sécuritaire renforcé ?

Dans l’opinion publique, certains évoquent l’existence possible d’une « main noire » au sein de l’appareil sécuritaire.

Pour plusieurs observateurs, l’incapacité des services compétents à prévenir ou élucider ces crimes pourrait indiquer une infiltration ou des complicités internes. « Lorsqu’un service de sécurité n’arrive pas à protéger une zone qu’il contrôle, cela signifie peut-être que l’ennemi se trouve à l’intérieur », estime un acteur de la société civile.

À ce jour, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités sur ces assassinats. Pendant ce temps, la population de Goma vit dans l’angoisse, réclamant des enquêtes indépendantes, la fin de l’impunité et le rétablissement effectif de la sécurité.

Isaka Kijana

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