La nationalité du vice-gouverneur autoproclamé du Nord-Kivu au sein de l’Alliance rebelle Mouvement du 23 mars (M23), Willy Manzi Ngarambe, fait l’objet de nouvelles interrogations après la mise en lumière d’archives judiciaires officielles au Canada. Ces documents suggèrent que l’actuel responsable rebelle, qui se présente depuis plusieurs années comme un Tutsi congolais réfugié, serait en réalité d’origine rwandaise.
Selon une décision de la Cour d’appel fédérale du Canada dans l’affaire « Williams v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration) » rendue en 2005, le dossier d’asile de l’intéressé identifie Manzi Williams nom utilisé dans la procédure comme un ressortissant originaire du Rwanda. Le jugement mentionne qu’il disposait d’un lien direct avec ce pays et qu’il pouvait également prétendre à la nationalité de l’Ouganda.
Les éléments du dossier indiquent que le demandeur d’asile avait été examiné par les autorités canadiennes dans le cadre d’une procédure liée à la protection des réfugiés. La Cour d’appel a finalement conclu que sa demande ne pouvait être retenue, estimant qu’il pouvait bénéficier de la protection d’un pays dont il possédait ou pouvait obtenir la nationalité. Un parcours incompatible avec la thèse du « réfugié congolais » Les archives judiciaires décrivent un parcours biographique éloigné du récit selon lequel Willy Manzi serait un ressortissant de la République démocratique du Congo ayant fui les conflits dans l’Est du pays.
D’après ces documents, l’intéressé serait né en 1982 au Rwanda, d’un père rwandais et d’une mère ougandaise. Il aurait vécu dans ce pays durant son enfance avant de passer plusieurs années en Ouganda avec sa famille, puis de revenir au Rwanda avant de chercher l’asile à l’étranger. Ces informations officielles contredisent la version souvent avancée dans certains milieux politiques ou militaires selon laquelle il serait un Congolais ayant fui les violences dans l’Est de la RDC.
Une question politique sensible dans l’Est de la RDC Aujourd’hui, Willy Manzi Ngarambe se trouve dans la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, où il s’est autoproclamé vice-gouverneur dans l’administration mise en place par le Mouvement du 23 mars.
La question de la nationalité de certains responsables du mouvement rebelle constitue un enjeu politique majeur dans la crise sécuritaire qui secoue l’est de la RDC depuis plusieurs années. La révélation de documents judiciaires canadiens identifiant Willy Manzi comme ressortissant rwandais alimente ainsi le débat sur l’identité réelle de certains cadres du M23 et sur leurs liens supposés avec des acteurs régionaux.

