La crise humanitaire en Ituri continue de s’aggraver dans l’est de la République démocratique du Congo. Face à cette situation, un jeune leader appelle le gouvernement central à orienter la moitié du fonds de 1,4 milliard de dollars destiné à la réponse humanitaire dans l’est du pays vers cette province fortement touchée par les violences et les déplacements massifs de populations.
Jean Bosco Kisoke hausse le ton face aux crises multiformes qui affectent l’Ituri. Il évoque notamment l’insécurité alimentaire, le manque d’articles ménagers essentiels et le faible accès à l’eau potable dans plusieurs zones affectées par les conflits armés.
Selon lui, l’Ituri reste moins assistée que d’autres provinces de l’est de la RDC, notamment le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Il appelle donc le gouvernement central à accorder une attention particulière à cette province lors de la répartition du fonds humanitaire récemment annoncé.
Des milliers de déplacés confrontés à une extrême précarité
Le leader de la jeunesse souligne l’urgence d’intervenir dans plus de 60 sites de déplacés internes, notamment à Fataki, Bule, Rhoo et à l’ISP Bunia. Dans ces camps, des milliers de familles vivent dans des conditions humanitaires très difficiles.
Les déplacés manquent d’eau potable, d’abris, d’articles ménagers de base et de soins de santé. La situation est encore plus préoccupante pour les enfants déplacés, dont plusieurs milliers n’ont jamais fréquenté l’école.

Jean Bosco Kisoke insiste sur la nécessité de mettre en place un programme de rattrapage scolaire pour ces enfants victimes de la crise sécuritaire en Ituri.
Des infrastructures de base fortement dégradées
La crise humanitaire en Ituri s’accompagne aussi d’une dégradation avancée des infrastructures de base. Dans plusieurs localités du territoire de Djugu, notamment à Bule, Damas, Mbidjo, Mangala et Tchomia, l’accès aux champs, aux écoles et aux hôpitaux reste extrêmement difficile.
D’autres territoires comme Mambasa, Irumu et Mahagi subissent également les conséquences de l’insécurité et du manque d’infrastructures essentielles.
Face à cette situation, Jean Bosco Kisoke plaide pour l’ouverture urgente d’un couloir humanitaire afin de faciliter l’assistance aux populations affectées.
Appel à la mobilisation des élus de l’Ituri
Le jeune leader appelle aussi les élus nationaux et provinciaux de l’Ituri à se mobiliser afin de pousser le gouvernement central à renforcer son intervention humanitaire dans cette province stratégique pour l’économie nationale.
Il insiste également sur la nécessité de mettre en œuvre des programmes de réinsertion des jeunes à risque et d’accompagnement des populations retournant progressivement dans leurs villages d’origine.
Une crise humanitaire qui dure depuis près de dix ans
La province de l’Ituri fait face à une crise humanitaire persistante depuis près d’une décennie. Selon les estimations humanitaires, la province compte aujourd’hui près d’un million de personnes déplacées internes.
Ces déplacés sont répartis dans 68 sites officiels sous coordination humanitaire, tandis que d’autres vivent dans des sites spontanés ou sont accueillis par des familles d’accueil.
Flori Drajiro

