Dans un contexte de recrudescence préoccupante de l’insécurité à travers plusieurs territoires du Kasaï-Central, le gouvernement provincial hausse le ton et enclenche une riposte administrative d’envergure. Le ministère provincial de l’Intérieur a officiellement lancé une opération urgente d’identification de toutes les personnes vivant ou séjournant dans la province.
Dans une note circulaire signée le 17 février 2026 à Kananga, le ministre provincial de l’Intérieur instruit l’ensemble de l’appareil administratif local — administrateurs de territoires, maires, bourgmestres, ainsi que les chefs de secteurs, quartiers, groupements, avenues et villages — à procéder sans délai à un recensement systématique des populations.
Sur le terrain, cette opération se veut rigoureuse et détaillée. Chaque résident ou visiteur devra être identifié à travers une série d’informations précises : identité complète, filiation, lieu de provenance, motif du séjour ainsi que sa durée. Une démarche qui vise clairement à combler les failles dans le contrôle des mouvements de populations, souvent exploitées dans les zones à forte instabilité.
À travers cette initiative, les autorités provinciales entendent renforcer le maillage sécuritaire à la base, en dotant les entités locales d’outils fiables de suivi et de traçabilité. L’objectif est double : prévenir les menaces et améliorer la capacité de réaction des services de sécurité face aux incidents.
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Dans la même dynamique, les responsables locaux sont appelés à transmettre des rapports mensuels au Vice-Premier Ministre et Ministre national de l’Intérieur. Une exigence qui s’inscrit dans une logique de coordination verticale entre les niveaux provincial et national, conformément aux orientations du gouverneur de province et aux directives en matière de sécurité, de décentralisation et de gestion des entités coutumières.
Au-delà de la simple opération administrative, ce recensement général apparaît comme une réponse stratégique à une crise sécuritaire persistante. Il traduit la volonté des autorités de reprendre le contrôle des dynamiques locales, tout en instaurant une gouvernance de proximité plus efficace et mieux informée.
Reste désormais à savoir si cette mesure, ambitieuse sur le papier, sera suivie d’effets concrets sur le terrain, dans une province où les défis sécuritaires exigent des réponses à la fois rapides, coordonnées et durables.
Dan Narcïs Nzuji

