Une vive panique a secoué les habitants du groupement de Bughore, en territoire de Kabare (Sud-Kivu), à la suite de plusieurs explosions entendues à proximité de l’Aéroport de Kavumu dans la soirée du dimanche 25 avril 2026.
Selon des témoignages recueillis sur place, une première détonation a été perçue vers 16h30, suivie d’une seconde aux alentours de 18h30. Ces explosions ont provoqué une paralysie immédiate du centre commercial local, pourtant très fréquenté en fin de journée. Des milliers de personnes, prises de panique, ont fui dans tous les sens pour regagner leurs domiciles et se mettre à l’abri.
Dans le ciel, d’épaisses fumées noires ont été observées, alimentant les rumeurs d’un éventuel bombardement visant les installations aéroportuaires. Tout au long de la nuit, la confusion est restée totale, certains habitants évoquant même le survol d’un drone qui aurait largué des engins explosifs.
Face à la montée de l’inquiétude, les représentants du chef de groupement de Bougouri ont tenté de rassurer la population à travers un message officiel. Ils ont indiqué que ces détonations ne représentaient aucun danger pour les habitants, sans toutefois préciser leur origine.
Les autorités coutumières ont également affirmé suivre de près la situation et avoir engagé des mesures visant à garantir la sécurité de la population.
Parallèlement, certaines sources locales avancent l’hypothèse d’une opération de déminage en cours à l’aéroport de Kavumu, qui se serait poursuivie jusqu’au lundi 26 avril. Cette piste, bien que non confirmée officiellement, pourrait expliquer les explosions entendues dans la zone.
Malgré la reprise des activités économiques dès le lundi — marchés, commerces et transports ayant rouvert — la psychose reste palpable au sein de la population. Le manque de communication officielle claire est largement pointé du doigt par les habitants.
Plusieurs petits commerçants affirment avoir subi des pertes importantes après avoir abandonné leurs marchandises dans la panique. D’autres témoignages font état de malaises, notamment chez des personnes souffrant de tension artérielle.
« Si c’était une opération contrôlée, il fallait informer la population. La panique était énorme, des gens ont perdu leurs biens et d’autres ont été affectés », témoigne un habitant.
Selon les informations recueillies, les détonations ont été entendues jusque dans les groupements voisins, notamment à Miti et dans les collines de Tchivanga, accentuant la peur dans plusieurs localités environnantes.
Isaka Kijana

