Le dimanche 3 mai 2026, la salle de promotion de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, dans la commune de la Gombe, a accueilli la cérémonie officielle d’ouverture du Dojo fédéral de la Fédération de Karaté du Congo. Une initiative structurante visant à recentrer la pratique du karaté congolais sur ses valeurs fondamentales et son socle technique.
La cérémonie s’est déroulée selon un protocole classique, marqué par l’exécution de l’hymne national, le mot de bienvenue du secrétaire général adjoint, le discours du président fédéral Me Claude Tshisekedi, suivi de la remise du programme national aux directeurs techniques.
L’événement a également été ponctué par l’allocution de Me Magloire Kasongo, représentant du ministre des Sports et Loisirs, avant de se clôturer par une séance photo et un cocktail.
Un retour aux fondamentaux du karaté
Dans son intervention, le président Claude Tshisekedi a posé le diagnostic d’un karaté moderne souvent focalisé sur la performance compétitive au détriment de ses fondements.
Il a insisté sur la nécessité de réhabiliter le dojo fédéral comme espace central de transmission des valeurs et de formation technique.
« La véritable richesse du karaté ne réside pas uniquement dans les médailles, mais dans la maîtrise des bases », a-t-il martelé, rappelant l’importance du triptyque kihon (fondamentaux), kata (forme) et kumité (combat).
Il a, à cette occasion, rendu hommage à plusieurs figures historiques du karaté congolais, dont André Van Ntinu Décantor, Lubaki Luangolo, Lukusa Menga ou encore Zulfikar Luambo, saluant leur contribution à l’essor de la discipline en RDC.
Une minute de silence a été observée en mémoire des disparus. Discipline, gouvernance et mise en garde
Au-delà de l’aspect technique, le président de la FEKACO a abordé les questions de gouvernance, appelant à un retour strict aux valeurs du budo : discipline, respect, humilité et intégrité.
Faisant allusion aux tensions internes ayant secoué la fédération, il a dénoncé les comportements contraires à l’éthique sportive et au respect des institutions, rappelant l’autorité du ministère des Sports.
Il a également mis en garde contre toute tentative de duplication des structures fédérales, affirmant la légitimité du comité exécutif en place.
Une structuration technique centralisée
Le Dojo fédéral s’inscrit désormais comme un organe technique clé, placé sous la supervision du Directeur technique national et des directeurs techniques des ligues. Il aura pour missions principales :
la formation continue des encadreurs,
l’organisation des entraînements fédéraux,
la gestion harmonisée des passages de grades.
À ce sujet, une réforme majeure a été annoncée : les passages de ceinture noire seront désormais organisés simultanément à l’échelle nationale, avec un programme uniforme précédé de séminaires techniques pouvant s’étendre sur deux mois.
Un symbole et une vision
Le président a également présenté un emblème provisoire du dojo fédéral, symbolisant la progression technique du karaté : le kihon comme racine, le kata comme tronc, et le reste de la pratique comme ramification. Une métaphore destinée à rappeler que sans bases solides, aucune progression durable n’est possible.
Un espace dédié à l’excellence martiale
Le Bureau exécutif de la FEKACO définit le dojo fédéral comme un espace de référence pour la pratique du karaté en RDC.
Il sera ouvert aux clubs affiliés, aux commissions spécialisées, aux candidats aux grades ainsi qu’aux équipes nationales, avec un encadrement assuré par des experts fédéraux dans le respect strict du code moral du budo.
Avec cette initiative, la FEKACO entend poser les bases d’une réforme en profondeur du karaté congolais, en conciliant exigence technique, rigueur institutionnelle et transmission des valeurs martiales.
Ephraim kezza

