Le gouvernement de la République démocratique du Congo a décidé de suspendre, pour une durée de trois mois, toutes les activités minières dans les territoires de Mwenga et de Shabunda, en province du Sud-Kivu. La décision est contenue dans l’arrêté ministériel n°00305/CAB.MIN/MINES/01/2026 signé le 22 mai 2026 par le ministre des Mines, Louis Kabamba Watum.
Dans cet arrêté, le ministère des Mines évoque la recrudescence des activités minières illicites dans ces deux territoires du Sud-Kivu. Le document souligne également que plusieurs rapports administratifs et enquêtes parlementaires ont mis en évidence des irrégularités liées à l’exploitation des minerais dans cette partie du pays.
Les autorités congolaises estiment que ces pratiques illégales ont des conséquences directes sur la sécurité et l’intégrité du territoire national. Le gouvernement évoque notamment le financement présumé des activités de déstabilisation des institutions de la République à travers l’exploitation frauduleuse des ressources minières.
À travers cette mesure, Kinshasa affirme vouloir rétablir l’ordre public, renforcer le contrôle du secteur minier et assurer le respect des normes de transparence et de traçabilité dans l’exploitation des substances minérales.
L’arrêté prévoit également le déploiement d’une mission de contrôle de l’Inspection générale des Mines, en collaboration avec d’autres services étatiques compétents. Cette mission aura notamment pour objectif de vérifier la légalité des exploitations minières, d’identifier les auteurs des irrégularités dénoncées et de proposer des mesures correctives conformément à la loi.
Sur le terrain, cette décision suscite déjà de nombreuses réactions. Dans les territoires de Mwenga et de Shabunda, plusieurs agglomérations vivent essentiellement de l’exploitation minière artisanale et semi-industrielle. Certains habitants redoutent ainsi des conséquences économiques et sociales importantes durant cette période de suspension.
Cette mesure intervient dans un contexte sécuritaire tendu dans l’est de la RDC, où les autorités multiplient les initiatives pour reprendre le contrôle des ressources naturelles et lutter contre les circuits d’exploitation illicite des minerais.
Isaka Kijana

