La défaite de l’Afrique du Sud face au Mexique a laissé un goût amer aux Bafana Bafana, et pas seulement sur le plan comptable. Touché par le manque de ferveur autour de sa sélection, le gardien et capitaine sud-africain, Ronwen Williams, a brisé le silence pour lancer un appel vibrant à la solidarité continentale.
« Les Africains ont toujours soutenu les autres pays africains lors des Coupes du monde, mais je ne comprends pas pourquoi notre cas est différent. Beaucoup d’Africains ont soutenu le Mexique, pas nous. Nous avons failli pleurer, c’est vraiment triste. En tant qu’Africains, soyons solidaires, soyons unis. »
Cette déclaration, empreinte d’une profonde déception, remet au centre des débats le concept parfois idéalisé du panafricanisme sportif. Si le continent s’est historiquement vibré d’une seule voix pour les épopées du Ghana en 2010 ou du Maroc en 2022, la réalité actuelle semble plus fragmentée. Entre rivalités régionales acérées et préférences purement sportives, le soutien automatique ne va plus de soi.
En rappelant ainsi ses pairs et les supporters à l’ordre, le dernier rempart des Bafana Bafana ne cherche pas d’excuses à la performance des siens. Il pose une question d’identité et de fraternité sur la plus grande scène internationale.
Reste à savoir si ce cri du cœur sera entendu pour le reste de la compétition, ou si le football mondialisé aura définitivement le dernier mot sur la solidarité continentale.
Banza Tharcisse

