La Fédération internationale de football (FIFA) a annoncé, mardi 29 juillet, son intention de créer une société chargée de gérer l’ensemble de ses activités commerciales afin d’attirer des investisseurs privés. Baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE), cette structure regrouperait les droits de diffusion, le sponsoring, la billetterie, les licences ainsi que la gestion opérationnelle des compétitions.
Selon la FIFA, des investisseurs extérieurs pourraient acquérir une participation minoritaire, estimée à environ 20 %, sans disposer du contrôle de la société. L’instance précise qu’elle conserverait la majorité au sein du conseil d’administration ainsi que l’autorité exclusive sur la gouvernance du football, les compétitions, le calendrier et les décisions réglementaires.
L’objectif affiché est d’accroître les ressources destinées au développement du football. La FIFA estime que la nouvelle structure pourrait lever 4,2 milliards de dollars dès cette année. En intégrant les programmes de financement déjà existants, elle espère mobiliser plus de 10 milliards de dollars au cours des quatre prochaines années. Les bénéfices nets seraient réinvestis dans le football à travers un nouveau mécanisme baptisé FIFA Fast Forward Programme.
Ce projet s’inscrit dans la stratégie du président de la FIFA, Gianni Infantino, qui souhaite développer le potentiel commercial de l’organisation. Après l’élargissement de la Coupe du monde à 48 équipes dès 2026, il a également évoqué l’hypothèse d’un tournoi à 64 équipes en 2030.
Pour concrétiser ce projet, la FIFA travaille avec la banque d’affaires J.P. Morgan et le fonds d’investissement Thrive Eternal, fondé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner. Le projet doit encore être approuvé par le Conseil de la FIFA.
Cette initiative a suscité de vives réactions. Avant même son officialisation, l’Union des associations européennes de football (UEFA) a dénoncé un projet qui, selon elle, franchit une limite que les instances dirigeantes ne devraient jamais dépasser. Dans un communiqué, l’organisation estime que « l’âme et la gouvernance du football ne sont pas des capitaux sur lesquels faire de la spéculation » et affirme qu’« aucun d’entre nous n’est le propriétaire du football » et qu’« il n’appartient pas à la FIFA de le vendre ».
L’ancien président de la FIFA, Sepp Blatter, a également critiqué cette orientation, estimant que « personne n’a le droit de vendre notre sport ». De son côté, le président de la Fédération française de football (FFF), Philippe Diallo, a regretté que les fédérations membres n’aient reçu aucune information détaillée sur un projet qu’il juge fondamental pour l’avenir du football.
Les critiques ont également gagné le terrain politique. Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a déclaré que « le football n’appartient pas aux investisseurs », mais aux supporters et aux acteurs qui le font vivre, ajoutant que la Coupe du monde « n’est pas un produit » destiné à être vendu.

