Ce début du mois d’août s’ouvre sur une actualité politique particulièrement dense en République démocratique du Congo. Au centre des débats, le dialogue national continue de diviser la classe politique, avec de nouvelles conditions posées par Joseph Kabila pour une éventuelle participation, tandis que d’autres acteurs poursuivent leurs consultations et réaffirment leurs positions sur la Constitution.
En parallèle, les dossiers judiciaires connaissent plusieurs développements, entre l’avancée du procès FRIVAO, l’inauguration d’un nouveau palais de justice à Lubumbashi et l’arrestation présumée de l’assassin de Vally Amisi. Sur le front sanitaire, la lutte contre Ebola reste une priorité, avec une demande de transparence sur la gestion des fonds engagés.
Cette édition revient également sur la commémoration de la Journée nationale du GENOCOST, marquée par des appels à la mémoire, à la justice et à la fin de l’impunité, sans oublier une avancée importante dans le processus de réconciliation au sein de l’Église kimbanguiste.
REVUE DE PRESSE DU LUNDI 03 AOÛT 2026
Nous ouvrons cette revue de presse, la première du mois d’août, par les exigences de Joseph Kabila pour participer au dialogue. D’après OURAGAN.CD, le mouvement « Sauvons la RDC » de Joseph Kabila a posé sept conditions pour un dialogue national crédible, capable de sortir le pays de l’impasse politique et sécuritaire. La première condition porte sur la désignation d’une médiation « neutre, indépendante et impartiale », avec l’appui de l’Union africaine et de l’ONU. Ensuite, il y a l’exigence d’un dialogue « réellement inclusif », réunissant « toutes les parties prenantes à la crise, sans exclusion ni conditions sélectives ».
L’abandon de tout projet référendaire sur la Constitution avant l’ouverture du dialogue, ajoute de son côté E-JOURNAL, est l’une des sept conditions posées par l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila, pour participer au dialogue.
Kabila refuse un dialogue sous l’autorité de Tshisekedi, barre à la Une CONGO NOUVEAU. Pour « Sauvons la RDC », le chef de l’État, principal protagoniste de la crise politique actuelle, ne peut être à la fois arbitre et garant d’un processus de réconciliation.
Alors que Félix Tshisekedi s’est engagé à organiser un dialogue national entre différents acteurs politiques et qu’un débat se poursuit sur un possible changement de la Constitution, Katebe Katoto vient de mener à Lubumbashi des consultations auprès de la population.
Officiellement, écrit RFI.FR, ces échanges ont permis au frère de l’opposant Moïse Katumbi de recueillir les doléances des communautés, qui se résument en trois mots : insécurité, injustice et pauvreté.
Au terme de ses consultations, renchérit RADIOOKAPI.NET, Raphaël Katebe Katoto se dit satisfait des échanges menés avec les forces vives du Haut-Katanga. Il affirme avoir recueilli plusieurs préoccupations de la population et annonce qu’il réservera la primeur des résultats au président de la République, Félix Tshisekedi.
Pendant ce temps, son jeune frère, Moïse Katumbi, a réaffirmé son opposition à toute modification de la Constitution. Selon 7SUR7.CD, le président du parti Ensemble pour la République estime que les difficultés auxquelles le pays est confronté ne découlent pas de la loi fondamentale, mais plutôt de la gouvernance.
En politique, la coalition C64, par l’entremise de Martin Fayulu, annonce avoir saisi vendredi dernier la Haute Cour militaire sur les incidents survenus lors du sit-in organisé le 12 juin dernier au Palais du Peuple.
Selon 7SUR7.CD, cette annonce intervient après la publication du rapport de la Commission nationale des droits de l’homme, lequel affirme qu’aucun élément ne permet de confirmer les décès signalés lors de la manifestation de l’opposition.
Dans le secteur de la justice, RADIOOKAPI.NET nous apprend que Félix Tshisekedi a inauguré le nouveau Palais de justice de Lubumbashi. Ce bâtiment moderne à deux niveaux comprend notamment 43 bureaux administratifs, trois salles d’audience d’une capacité de 110 places assises chacune, une salle de conférence de 48 places, une salle des sports ainsi que des salles de réunion pouvant accueillir jusqu’à 40 personnes.
Justice encore avec le procès FRIVAO.
Lors de la troisième audience vendredi dernier, la Cour de cassation, rapporte ACTU30.CD, a clôturé la série d’instructions et annoncé le début des plaidoiries pour ce mercredi 5 août.
À l’issue de cette étape, précise 7SUR7.CD, la Cour devrait prendre l’affaire en délibéré avant de rendre son arrêt dans le délai prévu par la loi. Principal accusé, ajoute ce média en ligne, Constant Mutamba ne s’est pas présenté devant la Cour. Ses avocats étaient également absents.
Justice enfin. Beni Mukena aux arrêts.
Dans un communiqué parvenu hier dimanche à 7SUR7.CD, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, confirme l’arrestation de Beni Mukena, le présumé assassin de Vally Amisi.
Il a été arrêté au Congo-Brazzaville. D’après la même source, les formalités administratives et judiciaires sont en cours pour qu’il soit transféré à Kinshasa.
Dans le reste de l’actualité, Ebola : Judith Suminwa réclame enfin des comptes.
De retour du front sanitaire où sévit la 17ᵉ vague épidémique, la Première ministre, rapporte ECONEWS, a exigé des comptes au ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba. Son instruction, précise le journal, est sans appel : un rapport détaillé sur les fonds engagés par l’exécutif et les partenaires doit être produit dans les plus brefs délais.
Changeons de chapitre. La RDC s’est mise à l’arrêt hier dimanche.
Dans les 26 provinces, autorités, chefs religieux, survivants et populations se sont recueillis pour la quatrième édition de la Journée nationale du GENOCOST.
Objectif, explique CONGO NOUVEAU, honorer les millions de victimes des massacres commis depuis 1996 et réaffirmer la volonté de ne plus jamais oublier.
Devant les familles des victimes, les survivants et les partenaires institutionnels, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, ajoute INFOS27, a rendu hommage aux millions de Congolais tués, appelé à la préservation de la mémoire collective et réaffirmé son engagement en faveur de la vérité, de la justice, de la réparation et de la paix.
De son côté, Denis Mukwege appelle à mettre fin à l’impunité en RDC.
Dans une déclaration consultée par LEPOUVOIRDUPEUPLE.COM, le gynécologue congolais a rendu hommage aux millions de victimes des conflits armés, aux survivants, aux personnes déplacées et aux victimes de violences sexuelles.
Un mot de religion pour terminer. Une étape majeure vient d’être franchie dans le processus de réconciliation au sein de l’Église kimbanguiste de Brazzaville.
Selon LAUNEFM.CD, les deux tendances en conflit ont officiellement signé, vendredi dernier, un protocole de paix destiné à restaurer l’unité de la communauté et à tourner la page d’une crise qui perdurait depuis 2002.
NB : À suivre dès le 14 septembre, une nouvelle revue de presse consacrée exclusivement à l’actualité parlementaire.
Tapie Lutunu et Réveil Congo

