La controverse enfle autour de la situation sécuritaire dans le secteur de Bakisi, en territoire de Shabunda. Après l’alerte lancée par les députés provinciaux élus de Walungu sur des attaques visant principalement des membres de la communauté Shi, le peuple Lega vivant à Kinshasa réagit et rejette les accusations formulées contre lui.
Dans une correspondance adressée aux autorités provinciales du Sud-Kivu, le Luusu Shabunda Kinshasa qualifie de « gratuites et mensongères » les accusations attribuées à l’élu provincial de Walungu, Justin Rukingira Munguakonkwa.
Les députés provinciaux de Walungu avaient, de leur côté, alerté le gouverneur du Sud-Kivu sur la dégradation de la situation sécuritaire à Bakisi. Ils évoquent des pertes en vies humaines parmi les civils, des déplacements de populations ainsi que la destruction de biens et de champs.
Dans sa réaction, le peuple Lega rappelle que la cohabitation entre les communautés Lega et Shi à Shabunda ne date pas d’aujourd’hui.Les signataires de la correspondance affirment que le territoire de Shabunda a, depuis plusieurs décennies, constitué un espace de cohabitation entre différentes tribus et communautés, parmi lesquelles les Bashi.
Ils défendent également la coutume Lega, notamment le Kimbilikiti, et rejettent toute interprétation susceptible, selon eux, de présenter cette tradition comme un facteur de division.
Pour le Luusu Shabunda Kinshasa, l’hospitalité accordée aux autres communautés constitue plutôt une valeur favorisant la coexistence pacifique.Les représentants du peuple Lega dénoncent par ailleurs ce qu’ils qualifient de « plan séparatiste » visant, selon eux, à fragiliser le patrimoine culturel et l’identité Lega.
Ils mettent surtout en garde contre toute initiative susceptible d’alimenter les tensions communautaires et la haine tribale dans le territoire de Shabunda.
« Le peuple Lega a toujours été humaniste, solidaire et pacifique dans ses interactions avec les autres communautés sœurs », soutiennent-ils dans leur correspondance.
Cette réaction intervient alors que les députés provinciaux de Walungu demandent aux autorités de prendre des mesures urgentes pour sécuriser les populations de Bakisi, notamment à travers le déploiement des forces de sécurité, la protection des civils et l’organisation d’une mission d’évaluation humanitaire et sécuritaire.
Alors que les deux parties livrent des lectures différentes de la situation, la préoccupation demeure celle de préserver la cohabitation entre les communautés Shi et Lega et d’éviter que les violences sécuritaires ne dégénèrent en tensions intercommunautaires dans le territoire de Shabunda.
Isaka Kijana

