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Politique

Processus de Doha : Kinshasa et l’AFC/M23 face à l’épreuve de Minembwe

Après cinq jours de discussions en Suisse, du 17 au 21 août 2026, le processus de Doha entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et l’AFC/M23 entre dans une nouvelle phase. Les deux parties ont adopté une feuille de route destinée à encadrer la poursuite des négociations et à renforcer le suivi de leurs engagements.

La principale avancée concerne l’opérationnalisation du Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE+), chargé d’observer et de documenter la mise en œuvre des engagements sécuritaires. Une mission de reconnaissance aérienne et terrestre menée le 20 août avec l’appui de la MONUSCO constitue une première étape vers un déploiement plus important des observateurs.

Une première mission de vérification du cessez-le-feu est annoncée pour le 24 août à Minembwe, dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu. Le choix de cette zone constitue un test important pour le dispositif. Marquée par des tensions sécuritaires et communautaires récurrentes, Minembwe permettra de mesurer la capacité du mécanisme à établir des constats vérifiables sur le terrain.

La retraite suisse a également permis l’adoption d’un calendrier pour la négociation des protocoles additionnels encore attendus. Cette feuille de route doit apporter davantage de prévisibilité au processus, dont l’application a jusqu’ici été confrontée aux évolutions de la situation sécuritaire.

Cependant, une réserve importante demeure. Kinshasa et l’AFC/M23 ont convenu que l’ordre de négociation des différents protocoles ne déterminera pas nécessairement leur ordre de mise en œuvre. Cette disposition pourrait devenir une source de divergences lors du passage des engagements politiques à leur application concrète.

Pour Kinshasa, la cessation des hostilités, le rétablissement de l’autorité de l’État et les questions sécuritaires restent prioritaires. De son côté, l’AFC/M23 met également en avant des garanties politiques et administratives.

Le processus de Doha dispose donc désormais de nouveaux outils de suivi, mais leur efficacité dépendra de leur application effective. Une feuille de route ne suffit pas à elle seule à établir la paix. Le véritable test se déroulera sur le terrain, notamment à Minembwe, où les résultats de la mission de vérification permettront d’évaluer la solidité des engagements pris.

Le processus entre ainsi dans une phase décisive : soit les mécanismes convenus contribuent à une désescalade durable, soit les divergences sur leur mise en œuvre risquent de maintenir le dialogue dans une logique de répit plutôt que de règlement du conflit.

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