L’actualité politique congolaise est dominée ce samedi 10 octobre par la nouvelle sortie médiatique de l’ancien président Joseph Kabila, qui dresse un bilan sévère de la gouvernance de Félix Tshisekedi. Dans son allocution, il dénonce une crise politique, sécuritaire et économique qu’il juge profonde, appelle à un dialogue national inclusif et promet des initiatives pour, selon ses propres termes, « sauver » le pays. Ces déclarations suscitent déjà de vives réactions dans les rangs du pouvoir, où plusieurs voix contestent son diagnostic et remettent en question son propre bilan après près de dix-huit ans à la tête de l’État.
Au-delà de cette confrontation politique, les débats portent également sur la situation sécuritaire dans l’Est, la dette publique, le respect du cessez-le-feu et les responsabilités des différents acteurs dans la crise actuelle. Certains commentateurs reprochent par ailleurs à l’ancien chef de l’État de ne pas avoir suffisamment abordé le rôle du Rwanda et de l’AFC-M23. Entre accusations, contre-attaques et appels au dialogue, cette prise de parole relance le débat sur l’avenir politique de la RDC et les solutions à apporter à ses multiples crises.
Voici l’essentiel à retenir dans cette revue de presse.
REVUE DE PRESSE DU SAMEDI 10 OCTOBRE 2026
Au menu de cette revue de presse, le discours de Joseph Kabila.
L’ancien président congolais, Joseph Kabila, s’est adressé à la nation hier vendredi, rapporte RFI.FR. Il a de nouveau livré un réquisitoire sévère contre son successeur. Joseph Kabila accuse Félix Tshisekedi d’avoir conduit la RDC vers une crise politique, sécuritaire et économique majeure.
L’ancien président congolais, relayé par LALIBRE.BE, dresse un bilan sans concession des mandats de son successeur, Félix Tshisekedi, et adresse un message aux Congolais.
Dans son allocution, précise OURAGAN.CD, l’ancien président de la RDC a dressé un tableau alarmant de la situation politique, sécuritaire et institutionnelle du pays. Il estime que « le Congo est en péril » et que son sauvetage constitue « un impératif et une urgence », tout en appelant les Congolais à prendre conscience de la gravité de la situation.
Pour Joseph Kabila, renchérit EXPRESSEMEDIA.NET, la RDC n’est plus une république, encore moins une démocratie. Pour illustrer ce qu’il considère comme une régression historique majeure, il recourt à une comparaison particulièrement sévère en assimilant la gouvernance actuelle à celle d’Ivan le Terrible. Il estime que la dictature que le peuple congolais pensait avoir définitivement vaincue avec la chute du régime Mobutu est de retour, mais sous sa forme la plus détestable.
« Kabila règle ses comptes avec Tshisekedi et entretient le mystère sur ses intentions », titre de son côté JEUNEAFRIQUE.COM. Le média affirme que l’ancien président congolais s’est une nouvelle fois exprimé pour critiquer le bilan de son successeur, tout en promettant, « dans les heures, les jours et les semaines à venir », d’annoncer des actions concrètes pour « sauver » le pays.
Dans son discours, Joseph Kabila a de nouveau plaidé pour un dialogue national inclusif afin de faire face à la crise que traverse le pays, rapporte RADIOOKAPI.NET.
Sur le terrain militaire, écrit MEDIACONGO.NET, Joseph Kabila attribue la poursuite des hostilités à un choix qu’il qualifie de « politiquement intéressé », malgré les revers répétés des FARDC. Il accuse également les autorités de ne pas respecter le cessez-le-feu conclu à Doha.
Sur le plan économique, indique OPINION-INFO.CD, l’ancien chef de l’État dénonce une dette publique de plus de 18 milliards de dollars et rappelle la situation économique du pays au moment de son départ du pouvoir, en 2019.
Mais derrière ce réquisitoire, une contradiction saute aux yeux : celui qui prétend aujourd’hui sauver le Congo est aussi celui qui l’a dirigé pendant près de 18 ans, rappelle FMTV.CD, sans parvenir à mettre définitivement fin aux guerres, à la pauvreté de masse ni aux fragilités institutionnelles qu’il dénonce désormais.
En réaction, sur son compte X, consulté par ACTU30.CD, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a notamment accusé l’ancien chef de l’État d’être attaché aux méthodes antidémocratiques et l’a mis en cause au sujet de crimes. Il a également évoqué les sanctions américaines visant Joseph Kabila.
De son côté, le député Olivier Kasanda Katuala conteste le bilan revendiqué par l’ancien chef de l’État et récuse son diagnostic d’un pays en péril. Dans un entretien accordé à INFOS27.CD, l’élu de Lukunga oppose aux critiques de Joseph Kabila les avancées qu’il attribue à la gouvernance de Félix Tshisekedi, notamment l’augmentation du budget de l’État.
Pour sa part, INSTANTNEWS.NET déplore que Joseph Kabila n’ait cité ni le Rwanda ni l’AFC-M23, alors que ces acteurs sont concernés par la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Pour AFRIQUE-TRIBUNE, au lieu d’apporter des réponses précises aux interrogations d’un peuple meurtri par les guerres, l’insécurité et les incertitudes institutionnelles, Joseph Kabila s’est surtout livré à une critique de son successeur. Certes, reconnaît le média, dans toute démocratie, l’opposition a le droit de dénoncer les dérives du pouvoir. Mais la politique ne se résume pas à accuser les autres : elle exige également un exercice de vérité sur son propre parcours.
Nous terminons cette revue de presse consacrée à la dernière sortie médiatique de Joseph Kabila avec ACTUALITÉ.CD, qui rappelle que l’ancien président a été condamné à mort par la justice militaire congolaise, notamment pour sa participation à un mouvement insurrectionnel. Il fait également l’objet de sanctions américaines pour son soutien présumé au M23 et à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), selon le département du Trésor des États-Unis.
Tapie Lutunu et Réveil Congo

