Invitée de l’émission Dialogue entre Congolais, diffusée le mercredi 14 octobre 2026, la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba, a dressé un tableau préoccupant de la situation humanitaire en République démocratique du Congo. Elle a également mis en avant les premières contributions enregistrées dans le cadre de la campagne de solidarité nationale lancée par le président Félix Tshisekedi.
Lancée officiellement le 27 août 2026 à Kinshasa par le président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo, la campagne de solidarité nationale à caractère permanent entend mobiliser les citoyens, les entreprises, les institutions publiques et la diaspora en faveur des populations vulnérables. Une initiative que le gouvernement présente comme un mécanisme durable d’entraide, au-delà des interventions ponctuelles.
Au cours de son intervention sur Dialogue entre Congolais, Ève Bazaiba a souligné l’ampleur des besoins auxquels le pays doit faire face. Selon les chiffres qu’elle a avancés, plus de 15 millions de Congolais vivent dans une situation de grande vulnérabilité, dont plus de 7 millions de déplacés internes, principalement à cause des conflits armés. À ces populations s’ajoutent les victimes de catastrophes naturelles, les réfugiés, les enfants déscolarisés, les veuves, les orphelins et les personnes vivant avec un handicap.
Pour la ministre d’État, cette situation impose une mobilisation collective. La solidarité nationale doit permettre d’apporter une assistance aux personnes en détresse, mais aussi de renforcer la cohésion nationale et de combattre les divisions liées notamment au tribalisme, au régionalisme et à la discrimination.
Des contributions en argent et en nature
Évaluant les premiers résultats de la campagne, Ève Bazaiba s’est réjouie de l’engagement manifesté par plusieurs acteurs dès son lancement. Elle a notamment évoqué une contribution de deux milliards de francs congolais de la Banque centrale du Congo, ainsi que les dons d’entreprises et de particuliers.
La ministre a également indiqué que des contributions sont réceptionnées chaque jeudi à son cabinet, tout en précisant que les dons peuvent être apportés quotidiennement. Les appuis ne se limitent pas aux ressources financières : certaines entreprises fournissent des denrées alimentaires, de l’eau, des boissons, des matelas ou encore des équipements destinés aux structures sociales.
Elle a cité, entre autres, des initiatives en faveur des centres de promotion sociale, des orphelinats, des hôpitaux et des personnes vulnérables. L’objectif est de répondre aux besoins immédiats tout en soutenant des actions de réinsertion.
Transparence et solutions durables
Interrogée sur les garanties de bonne gestion, Ève Bazaiba a assuré que les contributions financières transitent par la Caisse de solidarité nationale, tandis que les dons en nature relèvent de la Direction générale de solidarité nationale et de réinsertion. Elle a affirmé que ces mécanismes prévoient la traçabilité des contributions, la reddition des comptes et des dispositifs de contrôle institutionnel.
Au-delà de l’assistance d’urgence, la ministre a défendu une approche axée sur la réinsertion des déplacés, notamment à travers des retours volontaires lorsque les conditions de sécurité le permettent, des kits de réinstallation, des outils agricoles et la réhabilitation d’infrastructures communautaires.
Pour Ève Bazaiba, le caractère permanent de cette campagne doit répondre à une réalité durable : les besoins humanitaires ne disparaissent pas après un élan ponctuel de générosité. Le défi reste désormais de maintenir la mobilisation, d’assurer une gestion transparente des dons et de transformer cette solidarité en soutien concret pour les Congolais les plus fragilisés.

