La question d’un éventuel dialogue entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, son agresseur qui orchestre depuis le 21 novembre 2021 une invasion à travers le M23 et l’ADF, suscite des interrogations après le mini-sommet d’Addis-Abeba et le 37ème Sommet de l’Union Africaine dont les travaux ont débuté le Samedi 17 février 2024. De ce fait, le Président Félix Tshisekedi se trouve au cœur de cette problématique, alors que le peuple congolais exprime clairement son refus de négocier avec l’agresseur. Le Feu Etienne Tshisekedi Wa Mulumba a légué à son fils un principe sacré, celui du « peuple d’abord », en accord avec le proverbe qui dit que « La voix du peuple, c’est la voix de Dieu ». « La solution pour la paix en RDC, c’est de faire la guerre à Paul Kagame », a-t-il déclaré dans une station radio à Kinshasa, à la clôture de sa campagne électorale.
En effet, nombreux estiment que le pouvoir de Kinshasa commettrait une grave erreur en engageant des négociations avec son agresseur, signe potentiel de faiblesse des FARDC.
Le peuple congolais, exprimant sa volonté lors de deux manifestations majeures ayant paralysé le pays, a clairement rejeté toute possibilité de négociation avec le M23 ou le Rwanda. Cette position reflète celle du président Félix Tshisekedi, qui, en tant que garant de la sécurité nationale, a maintes fois affirmé son opposition à tout dialogue avec l’agresseur.
Le président Tshisekedi a adopté un discours offensif envers le Rwanda, affirmant, lors de la clôture de sa campagne à Sainte Thérèse, qu’il réunirait le parlement pour déclarer la guerre en cas de nouvelle agression. Il a insisté sur la capacité de l’armée congolaise à atteindre Kigali depuis la RDC. . « La solution pour la paix en RDC, c’est de faire la guerre à Paul Kagame », a-t-il déclaré dans une station radion à Kinshasa. Et de marteler : « Et je l’ai dit, à la moindre escarmouche, des rigolos que vous avez vu s’exprimer à Nairobi, je vais réunir les deux chambres du parlement en congrès comme le recommande la constitution, et je vais leur demander l’autorisation de déclarer la guerre au Rwanda. Je le dis et je pèse bien mes mots, parce que je suis même prêt à cela. Aujourd’hui, on n’a même pas besoin d’envoyer des troupes au sol au Rwanda. De chez nous, nous pouvons atteindre Kigali », a-t-il insisté.
Lors de son discours inaugural pour son deuxième mandat, Félix Tshisekedi a réaffirmé son engagement à renforcer l’autorité de l’État, à sécuriser la population, et à éradiquer le terrorisme et les groupes armés dans l’Est du pays. Et de marteler : « le renforcement de l’État dans sa capacité à : sécuriser la population et ses biens ; à éradiquer l’activisme terroriste et les groupes armés qui sévissent dans la partie orientale de notre pays ; à protéger avec plus d’efficacité nos frontières ; à assurer la défense ainsi que la sauvegarde des intérêts de notre pays partout où ils sont discutés, sont là autant de sujets qui aujourd’hui nourrissent vos préoccupations », a-t-il martelé.
Dix jours après son investiture, le 30 janvier 2024, Félix Tshisekedi a accueilli une délégation du corps diplomatique. Son discours à leur égard est demeuré inaltéré : «Mon gouvernement réaffirme de manière catégorique l’inviolabilité de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC. (…) Aucune négociation ne peut ni ne pourra avoir lieu avec notre agresseur tant qu’il occupera, quelle que soit l’étendue, une portion de notre territoire»
Appel à l’Action Internationale :
Les observateurs s’interrogent sur le silence de la Cour Pénale Internationale (CPI), de l’ONU, et de l’UE face à la situation. Des questions émergent quant à l’initiative d’un dialogue entre le M23/Rwanda et la RDC, surtout alors que les autorités congolaises ont clairement affirmé leur position. Des liens entre le Rwanda et certains acteurs internationaux, tels que la Pologne, sont également soulignés.
Des voix s’élèvent pour que la communauté internationale prenne des mesures concrètes. Le Livre Blanc publié par la RDC en décembre 2022 a établi la responsabilité individuelle des actes commis et a plaidé en faveur de la création d’un tribunal international pour la RDC. Les experts estiment que l’agression rwandaise viole les principes fondamentaux du droit international.
Selon Marc Botenga, un Eurodéputé, le Rwanda joue le jeu des occidentaux en facilitant le pillage du Congo notamment à l’Est. Il faut que cela cesse maintenant.
« Quand la Russie a envahi l’Ukraine, l’Union européenne et les États-Unis se sont mobilisés. L’Ukraine reçoit des armes, des chars, bientôt les avions de chasse sans doute. La Russie est gravement sanctionnée avec comme objectif l’effondrement total de l’économie russe. Kitchanga, Bambo, Rutshuru, Kishishe, Nyiragongo. Combien de territoires de la RDC doivent encore être frappés, occupés ou asphyxiés comme actuellement Goma avant que l’Union européenne ne réagisse ? Pire, le Rwanda reste un partenaire de la facilité européenne pour la paix. Cette facilité, instrument qui sert en réalité à livrer des armes. Quelle hypocrisie, quel décalage entre les paroles et les actes ici », a-t-il plaidé.
La situation entre la RDC et le Rwanda exige une réponse immédiate de la communauté internationale. L’inaction prolongée pourrait compromettre la paix et la sécurité dans la région. Les appels à la création d’un tribunal international et à des sanctions contre le Rwanda se multiplient, tandis que la RDC, soutenue par des preuves documentées, cherche une résolution rapide de la crise.
Rédaction

