La 24ème session ordinaire de la Communauté Economique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) s’est tenue à Malabo en Guinée équatoriale, le 9 mars 2024. Sous le thème « La CEEAC à la croisée des chemins vers la consolidation et la réforme pour relever les défis de l’intégration régionale en Afrique centrale », cette rencontre s’est penchée sur la crise sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo et bien d’autres sujets importants. Au finish, après discussions et évaluations, les différents Chefs d’Etats présents dans ce sommet ont appelé la RDC et le Rwanda à résoudre leur crise par la voie diplomatique. La CEEAC a également plaidé pour l’application effective du processus de Luanda initié en Août dernier sous la médiation angolaise.
Présent à Malabo, en Guinée Equatoriale, cette réunion a été l’occasion pour le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de faire un point sur la crise dans son pays. La CEEAC a salué son engagement pour la stabilité dans la région, notamment dans la résolution de la crise tchadienne.
« Ce samedi à Malabo, au terme de la 24è session ordinaire de la CEEAC à laquelle a pris part le président Tshisekedi, les Chefs d’État de cette organisation ont appelé la RDC et son agresseur le Rwanda au règlement du conflit par la diplomatie. La Communauté économique des États de l’Afrique centrale privilégie l’application effective du processus de Luanda pour résoudre de manière pacifique la crise dans l’Est de la RDC », a précisé un communiqué de la présidence le week-end dernier.
Sous la présidence tournante du chef d’État équato-guinéen, Obiang Nguema Mbasogo qui prend le relais, les défis de l’intégration économique et du développement durable ont également été abordés. La prochaine réunion de la CEEAC devra faire le point sur les avancées dans la résolution pacifique des tensions en RDC.
Murmures
Cependant, les conclusions de cette 24ème session ont été critiquées au Congo-Kinshasa. Les Congolais, en particulier ceux de la partie Est du pays, attendaient des mesures coercitives à l’encontre du Rwanda et du M23, ainsi que des condamnations plus fermes. Les appels au dialogue entre les parties, alors que les rebelles M23 continuent leurs activités destructrices, sont perçus comme une forme d’hypocrisie.
Conseil de Paix et de Sécurité
Le Conseil de paix de l’UA condamne les violations des droits de l’Homme commises par le M23
Le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) condamne fermement les violations des droits de l’homme commises par le M23, les Forces démocratiques alliées (ADF), les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), ainsi que par d’autres forces négatives et groupes armés actifs dans l’Est de la RDC. Cette préoccupation est contenue dans le communiqué de cet organe, publié samedi 9 mars, à l’issue de la réunion sur l’examen de la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo et le déploiement de la mission de la Communauté de développement de l’Afrique australe en RDC.
« Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA exprime également sa vive préoccupation face à l’aggravation de l’insécurité due aux activités débilitantes du M23, des ADF, des FDLR, d’autres forces négatives et groupes armés dans l’Est de la RDC et à la situation humanitaire désastreuse qui en résulte et qui continue d’avoir un impact négatif sur la population dans les communautés affectées », rapporte le communiqué.
De ce fait, le CPS invite la Commission de l’UA, les Etats membres et la communauté internationale à contribuer à la fourniture d’une aide humanitaire pour alléger les souffrances des populations touchées.
Création des corridors humanitaires
Le Conseil de paix et de sécurité exige la cessation immédiate et inconditionnelle des hostilités, ainsi que la création de corridors humanitaires pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire aux populations affectées. Il demande également le cantonnement et le désarmement d’urgence du M23, des ADF, des FDLR, et de tous les autres groupes armés actifs dans l’Est de la RDC.
L’organe de l’UA réaffirme qu’il ne peut y avoir de solution militaire durable à la situation dans l’Est de la RDC et, à cet égard, souligne l’importance des Processus de Nairobi et de Luanda, qui visent à trouver une solution diplomatique au conflit.
Le CPS approuve le déploiement de la Force de la SADC dans l’Est de la RDC et demande à la Commission de l’UA de mobiliser le soutien nécessaire à cette force. Mais aussi d’accélérer le transfert de l’équipement donné à la SADC, qui se trouve toujours à la Base logistique continentale de l’UA à Douala, au Cameroun, afin de soutenir les efforts visant à assurer une mise en œuvre efficace du mandat du SAMIDRC.
La solution au problème sécuritaire actuel en RDC n’est pas dans des forums ou sommets à répétition. Pendant que le pays se laisse emporter par les caprices des partenaires internationaux en organisant des sommets, on dénombre des morts, et le pillage des minerais congolais se poursuit. Les congolais doivent se prendre en charge et réinventer des solutions de recours vers des partenaires efficaces soucieux d’éradiquer ces poches d’insécurité par une formation adéquate des militaires congolaises et l’affectation des ressources logistiques.
Akamus

