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Quand l’ANC admet ses erreurs de gestion de l’Afrique du Sud : Un exemple d’humilité pour les politiciens congolais (selon Prof. André Mbata)

Le professeur André Mbata salue la déclaration du Secrétaire Général du Congrès National Africain (ANC) en Afrique du Sud, Fikile Mbalula, à la suite des résultats des dernières élections de juin 2024. Fikile Mbalula, avec une franchise rare, a exprimé, au cours d’une conférence de presse, la gratitude de son parti pour le soutien du peuple sud-africain tout en reconnaissant les erreurs qui ont conduit à la perte de la majorité parlementaire pour la première fois depuis la fin de l’apartheid et l’ère Mandela.

« Nous remercions le peuple sud-africain qui nous place comme le 1er grand parti en nombre de Députés. Mais nous comprenons pourquoi nous avons perdu la majorité pour la première fois depuis la fin de l’apartheid et le départ de Mandela », a-t-il déclaré avant d’admettre les erreurs de cette formation politique :
« Nous promettons de nous remettre en question et de changer. Nous avons perdu la majorité parce que nous étions devenus complaisants entre-nous ; parce que nous avions appris à garder le silence quand nos propres camarades volaient ou détournaient les biens de l’Etat ; parce nous nous sommes souvent tus quand nos propres camarades versaient dans les antivaleurs et parce que nous avions préféré souvent protéger ou justifier certains de nos camarades versés dans la corruption, dans l’enrichissement personnel et l’illicite sans se soucier de la majorité du peuple qui croupit dans la misère alors que ce peuple avait vraiment cru que sa situation changerait une fois que l’ANC serait au pouvoir. Nous avons perdu la majorité parce que nous vous avons déçu mais faites nous encore confiance… ».

Cette autocritique et humilité, selon le professeur Mbata, sont des qualités rares dans les pays francophones, à l’instar de la RD Congo. Il souligne que chez ces derniers, il est courant de voir des politiciens refuser d’admettre leurs torts, et encore moins de démissionner en cas de scandale.
Professeur Mbata suggère qu’il y a des leçons à tirer de cet exemple sud-africain, même pour d’autres nations africaines. L’honnêteté et la responsabilité politique sont des valeurs essentielles pour regagner la confiance du peuple et améliorer la gouvernance.

Contexte

Pour la première fois de son histoire, l’Afrique du Sud est dirigé par une équipe d’union nationale. Le Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir avait trouvé un accord de coalition avec l’Alliance démocratique (DA) qui est le principal parti d’opposition et neuf autres formations politiques après des semaines de tractation.

Les élections nationales en Afrique du Sud organisées en Juin ont marqué un tournant historique avec la perte de la majorité parlementaire par le Congrès national africain (ANC) pour la première fois depuis la fin de l’apartheid. Cette situation inédite ouvre la voie à des coalitions gouvernementales, métamorphosant le paysage politique du pays.

Avec plus de 99 % des votes comptabilisés, l’ANC, autrefois dominant, a reçu un peu plus de 40 % des voix lors de l’élection de mercredi, bien en deçà de la majorité qu’il détenait depuis le célèbre vote multiracial de 1994 qui a mis fin à l’apartheid et l’a porté au pouvoir sous Nelson Mandela.

Causes majeures

L’ANC a été au centre de la lutte contre l’apartheid, menant à la libération de Nelson Mandela et à l’établissement de la démocratie en 1994. Depuis lors, l’ANC a gouverné l’Afrique du Sud avec une majorité absolue, remportant chaque élection nationale avec des suffrages significatifs.

Cependant, le parti a été marqué par plusieurs scandales de corruption et des défis économiques importants. La pauvreté, le chômage élevé, et les coupures fréquentes d’eau et d’électricité ont contribué à une baisse de la confiance du public.

Les scandales de corruption ont particulièrement entaché l’image du parti. L’incarcération de Jacob Zuma pour outrage à la justice en 2021, qui a déclenché des émeutes faisant plus de 350 morts, a été un autre événement marquant. Zuma, maintenant à la tête du parti MK, continue de critiquer ouvertement le président Cyril Ramaphosa et l’ANC.

La fin de la majorité absolue de l’ANC ouvre une nouvelle page de l’histoire politique de l’Afrique du Sud, et le prochain gouvernement apportera de nouveaux éléments de réponse aux défis économiques et sociaux de la nation arc-en-ciel.

Aubin Kandembi

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