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Politique

Guerre d’agression : Kinshasa obtient le soutien de la SADC

C’est désormais officiel. Les pays membres de la Communauté de développement des pays de l’Afrique australe (SADC) ont réitéré leur soutien aux gouvernements de la République démocratique du Congo et du Mozambique face aux conflits qu’ils traversent. Ils l’ont confirmé lors d’une réunion tenue le samedi 23 mars 2024 à Lusaka, en Zambie, sur le déploiement militaire en cours dans ces deux pays. Au Cabo Delgado pour contrer les jihadistes, et dans l’Est de la RDC contre les terroristes du M23, soutenus par le Rwanda.

Pour les autorités de la congolaise, ce sommet est un succès. Un des membres de la délégation a dit, le weekend dernier, être ravi des échanges tenus à Lusaka. Kinshasa a obtenu la confirmation du soutien de la SADC, Communauté de développement des pays de l’Afrique australe via la force SAMIDRC, déployée pour appuyer l’armée congolaise et ses alliées contre les terroristes du M23 soutenus par le Rwanda dans l’est du pays.

Pour priver la SADC d’un soutien logistique et financier international, le Rwanda, à travers deux correspondances au Conseil de sécurité de l’ONU et au Conseil de paix et sécurité de l’Union africaine, a demandé à ces organisations de ne pas endosser cette mission. Dans leur communiqué final, les pays d’Afrique austral ont formellement « désapprouvé » l’initiative rwandaise.

Fruit de tractations

Ces décisions sont le fruit de plusieurs jours de tractations. Félix Tshisekedi, le président congolais, a rencontré en marge du sommet le président angolais Joao Lourenço, médiateur dans la crise avec le Rwanda. Mercredi 20 mars, celui-ci a échangé avec le président français Emmanuel Macron sur ce sujet.

Enfin, jeudi, le ministre des Affaires étrangères angolais a reçu, à Luanda, les chefs des diplomaties rwandaise et congolaise pour de nouveaux échanges préparatoires à une éventuelle rencontre entre Paul Kagame et Félix Tshisekedi.

Le Sommet extraordinaire de la SADC de Lusaka, le 23 mars 2024 pour évaluer la situation sécuritaire dans la sous-région, accuse le Rwanda d’user des manœuvres contre la SAMIDRC, une force militaire de la SADC déployée en RDC avec un mandat offensif pour combattre le M23.

Une résolution saluée par la classe politique congolaise. Et cela, après multiples sorties médiatiques du président de la RDC, Félix Tshisekedi, qui n’a plus mâché ses mots en pointant du doigt accusateur son adversaire, le Rwanda, dans cette guerre qu’il entretient. La SADC estime qu’il est temps de mettre fin à toutes ces manœuvres du Rwanda qui a pour seul objectif de piller les minerais congolais. Les pays membres de la SADC décident d’apporter leur soutien indéfectible à Kinshasa pour gagner cette bataille qui a longtemps duré.

Dialoguer oui, mais avec conditions

Pendant ce temps, Kinshasa ne cesse de multiplier des stratégies pour contrer l’ennemi de la paix dans l’Est du pays. Même si le président rwandais, Paul Kagame tente par tous les moyens de rencontrer le président Félix Tshisekedi, la position de Kinshasa est déjà connue. « Pas une quelconque négociation, tant que les troupes rebelles rwandaises seraient encore sur le sol congolais ».

D’abord, le retrait immédiat des troupes rwandaises et de leur matériel de l’est de la RDC, conformément aux appels répétés de la communauté internationale. C’est le premier point et le plus important pour Kinshasa.

Ensuite, le président congolais exige le retrait du M23 des territoires qu’il a récemment conquis. Plus d’un observateur politique estime que cette position affichée des pays membres de la SADC en faveur de la RDC vient encourager davantage le chef de l’Etat congolais qui a toujours campé sur sa position. Cette opinion demande au président Félix Tshisekedi de ne pas lâcher du lest.

Selon RFI qui cite la présidence rwandaise, les chefs d’État angolais et rwandais, s’étaient « mis d’accord sur les mesures clés à prendre pour s’attaquer aux causes profondes du conflit ».

Alors que les autorités congolaises n’en font pas mystère. Elles souhaiteraient que l’Union africaine participe plus activement à la résolution du conflit. C’est sans doute pour cette raison que Félix Tshisekedi s’est entretenu mardi par téléphone avec le chef d’État mauritanien Mohamed Ould Ghazouani, président en exercice de l’Union africaine.

L’importance de l’UA dans ce contexte est indéniable, confient des diplomates occidentaux en poste à Kinshasa. Elle a été chargée par le Conseil de Paix et de Sécurité d’organiser un nouveau sommet qui réunira l’EAC, la CEEAC, la Conférence internationale sur les Grands Lacs (CIRGL) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). De son côté, apprend-on, Kigali insiste « sur la nécessité d’aborder les causes profondes du conflit ».

Le Potentiel/Réveil Congo

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