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Économie

RDC : Qui sauvera Congo Airways ?

La compagnie aérienne nationale, Congo Airways SA, peine sous un leadership défaillant et dépourvu d’innovation. Fondée dans des circonstances spéciales, cette entreprise traverse une période difficile. Elle sollicite désespérément une recapitalisation de la part du gouvernement, son actionnaire principal. À ce stade, seule une direction imaginative pourrait sauver la compagnie.

Actuellement, la République démocratique du Congo ne dispose d’aucun avion commercial. L’inefficacité du management récent de Congo Airways SA, compagnie d’aviation gouvernementale, est alarmante, au point où la compagnie ne possède plus aucun avion, laissant tout un pays à terre. Après dix ans d’existence, Congo Airways SA lutte pour se redresser et ses dirigeants se contentent de demander de l’aide à un État qui tarde à répondre. Pendant ce temps, les Congolais doivent recourir aux transporteurs privés pour leurs déplacements aériens. C’est incroyable !

À sa création en 2014, la compagnie nationale d’aviation avait pour ambition de desservir tout le territoire national et de devenir à terme une compagnie panafricaine de renom. Malheureusement, les responsables qui ont été chargés de la diriger ont souvent manqué de résultats probants.

Le 28 juin 2024, lors du dernier Conseil des ministres, Jean-Pierre Bemba Gombo, le vice-premier ministre, ministre des Transports et voies de communication a mis en garde contre le risque que Congo Airways perde son certificat de transporteur aérien si elle ne dispose pas d’un avion opérationnel immatriculé en RDC d’ici le 16 septembre 2024.

Jean-Pierre Bemba Gombo a recommandé le financement d’un plan d’urgence pour relancer Congo Airways, affirmant vouloir sauver cette compagnie nationale conformément aux directives présidentielles. Il a aussi insisté sur la nécessité d’obtenir les fonds nécessaires pour renforcer les capacités opérationnelles de la compagnie.

Il est urgent que Congo Airways abandonne son unique avion loué qui annule fréquemment ses vols. Les passagers se plaignent de l’absence de prise en charge, passant des nuits entières dans les aéroports en attendant de nouveaux horaires de vol.

En septembre 2023, le président de la République avait déjà demandé au gouvernement de trouver un financement pour un plan d’urgence destiné à relancer les activités de Congo Airways.

À l’heure actuelle, il est impératif que la tutelle remplace un comité de gestion et un conseil d’administration incapables de relever ce défi. Le leadership actuel est faible et manque cruellement d’innovation. Comment expliquer la faillite précoce d’une société créée il y a seulement dix ans, alors que tout un peuple fondait ses espoirs sur elle ? Comment se fait-il que les équipes dirigeantes précédentes aient su surmonter les moments les plus difficiles et maintenir le cap ?

À ce stade, les dirigeants de Congo Airways doivent comprendre l’urgence de mettre en place un management stratégique. Au lieu de se plaindre et d’attendre un refinancement gouvernemental qui tarde à venir, ils doivent adopter des méthodes de gestion modernes qui leur permettront de gérer efficacement leur environnement externe et leurs ressources internes, dans un contexte concurrentiel intense.

Si les dirigeants actuels de Congo Airways échouent à redresser cette entreprise en difficulté par manque d’inspiration, ils devraient envisager de céder leur place à ceux qui sont capables de relever ce défi.

Avec un leadership aussi plaintif et peu innovant, la compagnie aérienne d’État, créée avec l’argent du contribuable, est condamnée à disparaître. Ce serait une honte, compte tenu des conditions dans lesquelles Congo Airways a été établie.

Pour rappel, Congo Airways a été fondée le 15 août 2014 et a effectué son premier vol le 20 octobre 2015. Cette compagnie nationale a été créée dans le but de promouvoir la sécurité et la démocratisation du transport aérien en RDC, contribuant ainsi à l’intégration socio-économique du pays par des déplacements importants de personnes et de biens.

Société anonyme avec un conseil d’administration conforme au droit OHADA, Congo Airways compte parmi ses actionnaires le gouvernement (39,9%), l’Office de la gestion de fret multimodal (OGEFREM) avec 3,41%, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) avec 30,7%, la Générale des Carrières et des Mines (Gécamines) avec 1,70%, la Société Congolaise des Transports et des Ports (SCTP) avec 8,52%, le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) avec 8,52%, et la Régie des voies aériennes (RVA) avec 5,54%.

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