Ce jeudi 11 juillet, les journaux parus à Kinshasa reviennent sur l’adoption, par le Sénat, de son règlement intérieur, la réaction de l’Ouganda au rapport de l’ONU et le plaidoyer de Vital Kamerhe, Président de l »Assemblée Nationale lors de la 49ᵉ session de l’Assemblée parlementaire francophone
Adoption du Règlement Intérieur du Sénat
Le Potentiel rapporte que le nouveau règlement intérieur de la Chambre haute du Parlement a été adopté mercredi 10 juillet 2024, lors d’une séance plénière. Sur les 109 sénateurs constituant le Sénat, les 80 présents ont unanimement voté en faveur de ce document.
À la suite de cette adoption, ce règlement intérieur sera soumis, après révision, à la Cour constitutionnelle pour évaluation de sa conformité avec la Constitution, conformément à l’article 112 de la loi fondamentale. Le projet de règlement intérieur, présenté par Christophe Lutundula, président de la commission ad hoc, comporte 312 articles dont 269 n’ont pas connu d’amendements, rappelle l’Agence congolaise de presse.
Le rapport des travaux de ladite commission avait été déposé depuis le 24 juin dernier au bureau provisoire du Sénat qui, à l’issue de l’adoption du règlement intérieur de cette chambre, s’attellera à organiser l’élection et l’installation du bureau définitif, rapporte l’ACP.µ
Actualite.cd souligne les innovations de ce nouveau règlement intérieur, notamment la question des anciens Présidents élus de la RDC. La Commission avait proposé qu’au-delà des avantages lui accordés, le sénateur à vie soit soumis à d’autres obligations, entre autres, sa participation aux travaux de toutes les commissions du Sénat.
Réaction de l’Ouganda au rapport des experts de l’ONU
Dans un autre registre, certains tabloïds kinois reviennent sur la réaction de l’Ouganda au rapport des experts de l’ONU sur la République démocratique du Congo. L’armée ougandaise a catégoriquement nié toute implication dans le soutien au groupe rebelle M23, en réponse aux accusations formulées par des experts des Nations unies, détaille Actualite.cd. Lors d’une déclaration officielle, le porte-parole de l’armée ougandaise, le brigadier général Félix Kulayigye, a souligné que l’Ouganda ne sert pas de base pour les rebelles du M23, mais accueille des réfugiés conformément à la politique des Nations unies.
Malgré ce démenti, Lamuka, une coalition de l’opposition, exige pour ce faire, la rupture des relations diplomatiques avec l’Ouganda, ainsi que l’annulation de tous les accords avec le pays de Museveni, rapporte Mediacongo.net. Prince Epenge, porte-parole de la coalition, a déclaré que le président Félix Tshisekedi et son gouvernement ferment délibérément les yeux sur le rôle de l’Ouganda, qualifiant ce pays de « pyromane » aux côtés du Rwanda. Lamuka demande également l’annulation de tous les accords militaires et infrastructurels avec l’Ouganda.
Infos 27 note de sa part, « Agression rwandaise : Soutien unanime des sénateurs français à la souveraineté de la RDC. » La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, et une délégation du Groupe d’amitié France-Afrique centrale du Sénat, dirigée par le sénateur Guillaume Chevrollier (son président), ont abordé la question de la guerre d’agression qui continue de causer des victimes parmi les populations congolaises. Sur ce sujet, le Groupe d’amitié France-Afrique centrale a réaffirmé le principe universel de l’intégrité territoriale d’un État souverain. Par la suite, ils ont recommandé une solution pacifique pour la stabilisation de la région. « Ce que nous souhaitons, c’est la paix, le respect de la souveraineté des États. La paix est la condition préalable au développement. Nous appelons à une médiation pour rétablir la paix dans cette partie de l’Afrique », a déclaré Guillaume Chevrollier à l’issue de la réunion. Ces sénateurs français séjournent actuellement à Kinshasa dans le but de renforcer les liens parlementaires entre Paris et Kinshasa à la suite de la récente visite d’État du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, en France. Ils ont également manifesté leur volonté de mieux comprendre les réalités du pays avant d’envisager d’autres actions en matière de diplomatie parlementaire.
Kamerhe dénonce…
Kamerhe persiste et signe : le Rwanda et l’Ouganda sont sur le territoire congolais avec leurs troupes, insiste La Prospérité. S’appuyant sur ce rapport, décrit Le Potentiel, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a, dans son discours lors de la 49ᵉ session plénière de l’Assemblée de la Francophonie à Montréal, dénoncé, devant les pays francophones, l’agression du Rwanda et de l’Ouganda dont la République démocratique du Congo est victime. Le président de la chambre basse du Parlement congolais a accusé le Rwanda et l’Ouganda d’être à la base des atrocités perpétrées dans l’Est du pays, note le quotidien.
Vital Kamerhe a profité de cette occasion pour dénoncer, selon 7sur7.cd, le silence des pays francophones face à cette agression. « À ce jour, le nombre de morts occasionnés par cette guerre d’agression et de pillage des ressources de la RDC est estimé à plus de 10 millions sans que la communauté internationale, dont nos pays francophones sont membres à part entière, ne hausse le ton pour sanctionner et décourager ainsi les pays agresseurs, dont le degré de crime commis sur le sol congolais dépasse tout entendement », s’est indigné Vital Kamerhe, dans les propos repris par le média en ligne.
Opinion-info.cd rapporte également que lors de la 49ᵉ session de l’Assemblée parlementaire francophone, Vital Kamerhe a souligné que « la solution la moins coûteuse, c’est le retrait des troupes rwandaises et ougandaises du territoire congolais. » S’adressant à l’assemblée, il a insisté sur le fait que la RDC est victime d’une guerre d’agression menée par le Rwanda et l’Ouganda, demandant à l’APF d’adopter une approche proactive pour exiger le retrait des troupes étrangères. « L’Afrique doit aimer l’Afrique et se mettre au diapason des autres continents, pour réaliser le rendez-vous avec sa propre histoire », a-t-il lancé.

