Corneille Nangaa a été condamné à mort par la Justice militaire de la RDC, reconnu coupable de crimes de guerre, de trahison et de participation à un mouvement insurrectionnel. La Cour a souligné son rôle de chef hiérarchique dans la commission de ces crimes.
Présent à l’audience, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des sceaux, Constant Mutamba, a promis d’activer des mécanismes pour faire arrêter Nangaa et ses complices à l’échelle internationale. « Pour Corneille Nangaa et les autres qui sont en fuite, nous allons lancer des mandats d’arrêt au niveau international pour les appréhender et qu’ils soient extradés en RDC afin de purger leur peine », a-t-il déclaré. Mutamba a affirmé que ce jour marquait un moment historique, ayant exercé son pouvoir d’injonction pour déclencher les poursuites judiciaires contre le coordonnateur de l’AFC et ses complices.
Outre Nangaa, Sultani Makenga, Bertrand Bisimwa, Jean Jacques Mamba, Adam Chalwe, et Eric Nkuba ont également été condamnés à la peine capitale par défaut pour « crimes de guerre ». La Cour a ordonné la confiscation des biens de Jean Jacques Mamba et la destitution du major Willy Ngoma, porte-parole du M23.
Le soutien de Kabila à Nangaa
Selon le président Félix Tshisekedi, l’ancien président Joseph Kabila soutient Corneille Nangaa. Cette condamnation représente un signal fort envoyé à Kabila, autrefois allié de Tshisekedi. Les analystes voient cela comme un avertissement à Kabila de ne pas revenir à Kinshasa avant 2028, sauf si le paysage politique congolais change.
Cette position n’est pas partagée par le parti de Kabila, le PPRD, dont certains membres contredisent ouvertement Tshisekedi. Les relations entre Kabila et Tshisekedi semblent de plus en plus tendues, et il reste à voir comment elles évolueront dans les mois à venir.

