Le dioxyde de carbone contenu dans les profondeurs du lac Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, constitue une menace permanente et un risque toxique pour la région. Cependant, il n’est pas encore tard d’agir pour éviter et prévenir ce danger qui peut être transformé en opportunité et le capitaliser. Concrètement, il est possible d’exploiter le gaz méthane du lac Kivu pour le convertir en électricité, ce qui devra contribuer sensiblement à l’économie nationale et profiter aux populations environnantes.
La problématique du dioxyde de carbone dans le lac Kivu est connue de tous et la menace est bien réelle et permanente. Le gouvernement congolais en est bien conscient et c’est pour cette raison que la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka a reçu, mardi 27 août 2024, une délégation de la société Myhydro, conduite par son directeur général, M. Paul Hinks. Les deux personnalités ont échangé notamment, sur la possibilité de convertir le gaz méthane que regorge le lac Kivu, en énergie électrique.
En effet, face à la menace de ce gaz dans les profondeurs du lac Kivu, le Gouvernement congolais veut lancer un vaste chantier d’exploitation du gaz pour la production d’électricité.
« Nous avons discuté premièrement sur le projet de conversion du gaz au lac Kivu en électricité. C’est pour fournir l’électricité au Nord-Kivu, Sud-Kivu et éventuellement en Ituri. Ce projet va consister à extraire le gaz pour le convertir en électricité. Nous sommes venus pour régler certaines questions de nature administrative avec la Cheffe du Gouvernement. Nous pensons que les questions qui étaient pendantes vont être résolues le plus rapidement possible. Si tel est le cas, dans les 3 mois à venir, nous allons initier les différentes étapes pour l’exploitation », a expliqué Paul HINKS, directeur général de la société Myhydro.
L’extraction régulière du gaz du lac Kivu va ainsi permettre à la RDC de diminuer le risque que représente le dioxyde de carbone dans ce cour d’eau et ses retombées sur la population. En effet, le fond du lac Kivu contient d’importantes quantités de gaz toxiques qui, en cas de tremblement de terre ou d’éruption volcanique, risque de s’en échapper. Ce danger était redouté lors de l’éruption du volcan Nyiragongo, en mai 2022.
« Mieux vaut prévenir que guérir »
À en croire le directeur général de Myhydro, l’exploitation de ce gaz va favoriser les investissements dans l’Est de la RDC.
« Les avantages que la population va tirer de ce projet sont énormes. La desserte en électricité dans cette partie du pays est très basse. Si nous parvenons à l’augmenter à travers ce projet, cela bénéficiera aux populations. Nous allons donner un appui social très important en permettant aux investisseurs de s’installer dans cette partie du pays. Nous comptons sur le soutien entier du Gouvernement pour matérialiser ce projet. Ça va favoriser plusieurs opportunités à la population, aux hommes d’affaires et aux industries », a indiqué M. Paul Hinsk.
En outre, Judith Suminwa et son hôte ont également discuté d’un autre grand projet, celui d’installer des micro-barrages hydroélectriques dans 33 sites répertoriés à travers le territoire national de la République démocratique du Congo. A cet effet, le Gouvernement entend lutter contre la fracture énergétique grâce à ses ressources hydrologiques. Ce projet sera également développé avec la société Myhydro.
« Le deuxième projet discuté au cours de notre audience, concerne les projets d’hydroélectricité que nous comptons développer en RDC. Nous avons un accord avec les autorités congolaises pour installer les micro-barrages hydroélectriques dans 33 sites répertoriés. Le premier dossier qui va être traité se fera sur la rivière Lubi, à Kabeya Kamuanga », dans la province du Kasaï Oriental, a révélé Paul Hinks.
Le Directeur général de Myhydro a, par ailleurs, salué la nouvelle législation du secteur énergétique mise en place en RDC, permettant d’investir dans la production d’électricité partant de la génération vers la distribution. En effet le Programme d’actions du gouvernement (PAG 2024-2028) prévoit, à son sixième pilier, une gestion durable et responsable de l’écosystème face aux changements climatiques. Et l’une des actions préconisées à ce sujet est d’utiliser les technologies intelligentes pour optimiser la gestion de l’eau et de l’électricité.
Le gaz méthane dans le lac Kivu est certes un danger au même titre que le volcan dans cette partie du pays. Mais, ce danger peut être capitalisé et transformé en opportunité au profit de tous les congolais. Par contre, ne pas considérer l’exploitation de ce gaz comme une priorité en vue d’en réduire le risque, serait une erreur dont on ne saurait mesurer les conséquences. « Mieux vaut prévenir que guérir », dit-on.
Avec le Potentiel

