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Discours très attendu à l’ONU : comment Tshisekedi compte crucifier Kagame aujourd’hui ?

Ce mercredi 25 septembre, le président Félix-Antoine Tshisekedi s’apprête à livrer un discours décisif à la 79ème session de l’Assemblée générale de l’ONU. A Kinshasa, c’est vers 18h que les congolais vont le suivre en direct de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC). Dans la partie Est du pays, ce sera vers 20 h. Ce rendez-vous diplomatique, très attendu par les Congolais et la communauté internationale, revêt une importance capitale pour l’avenir du conflit qui déchire l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Beaucoup conviennent que ce sera une tribune  qui va faire bouger les lignes. L’attention se porte particulièrement sur la manière dont Tshisekedi abordera la responsabilité du Rwanda et de son président Paul Kagame dans les violences perpétrées dans cette région.

Rien que la vérité

Le discours de Félix Tshisekedi à l’ONU n’est pas un simple exercice diplomatique. Il est l’occasion pour le président congolais de faire entendre la voix des milliers de victimes des exactions commises par le groupe rebelle M23, soutenu, selon Kinshasa, par Kigali. Face à une communauté internationale jugée passive, et en particulier face à un Conseil de sécurité qui peine à agir avec fermeté, Tshisekedi devrait prononcer des mots lourds de sens, dénonçant la continuité de l’agression rwandaise et l’inaction des grandes puissances.

Depuis des mois, le Nord-Kivu, théâtre d’affrontements sanglants, est sous le feu des critiques internationales, mais peu d’actions concrètes ont été entreprises pour apaiser les tensions. Dans ce contexte, le président congolais devra utiliser la tribune onusienne pour « crucifier » son homologue rwandais en mettant en lumière l’absence de respect par Kigali de la trêve humanitaire initiée par les États-Unis. Cette trêve, bien qu’elle ait été prolongée, n’a pas permis de calmer la situation sur le terrain.

Condamner ce Paul Kagame…

L’une des priorités de Tshisekedi sera d’obtenir une condamnation formelle des actions du Rwanda. Le gouvernement congolais a longtemps dénoncé la mainmise rwandaise sur le M23, un groupe armé accusé de semer la terreur dans l’est du pays. Jusqu’à présent, malgré des tentatives de résolution, notamment les processus de paix de Luanda et de Nairobi, la situation demeure bloquée, en raison d’un manque d’engagement de la part de Kigali. Tshisekedi semble décidé à user d’un ton plus direct et ferme, appelant à des mesures concrètes contre le régime de Kagame.

C’est aussi un moment pour mettre en lumière les efforts de la RDC pour rétablir son intégrité territoriale. Dans son discours, Tshisekedi devrait insister sur les efforts consentis pour renforcer la souveraineté du pays face à une agression extérieure persistante. Il soulignera également la coopération entre son gouvernement et la MONUSCO, malgré les tensions internes sur le rôle de cette mission de l’ONU, parfois perçue comme inefficace par une partie de la population congolaise.

Nouvelle étape de la diplomatie congolaise

Au-delà de la dénonciation des violences rwandaises, ce discours pourrait marquer une nouvelle étape dans la politique extérieure de Tshisekedi. Le président congolais, critiqué pour une approche parfois jugée trop diplomatique vis-à-vis de Kigali, semble prêt à adopter une ligne plus dure. Son discours pourrait donc être le début d’une stratégie de confrontation internationale où le président congolais exigera des sanctions contre le Rwanda et une implication plus active de la communauté internationale dans le règlement de la crise.

Face aux attentes de son peuple, Tshisekedi doit également prouver qu’il a la stature d’un chef d’État capable de protéger les intérêts de la RDC, tant sur le plan diplomatique que militaire. Le processus de paix en cours, conduit notamment par João Lourenço, président de l’Angola, sera certainement évoqué comme une étape essentielle, mais encore incomplète, pour la paix dans la région des Grands Lacs.

L’ONU  très passive

Un autre axe central du discours sera la critique à peine voilée de l’ONU et du Conseil de sécurité. En tant que forum international, l’ONU est perçue par nombre de Congolais comme un observateur impuissant face à la crise. Tshisekedi devrait rappeler que le processus de paix doit être soutenu par des actions concrètes de la part des Nations unies, et non par de simples déclarations d’intentions. Les résolutions adoptées, sans réelle application sur le terrain, ont jusqu’ici laissé la porte ouverte à la persistance du conflit.

En s’attaquant à cette inertie, Félix Tshisekedi se place en porte-voix des victimes congolaises, mais aussi comme un leader africain en quête de justice pour son peuple. Il exigera de la communauté internationale un véritable engagement pour la paix, tout en soulignant les efforts de la RDC pour améliorer sa propre gouvernance et renforcer ses institutions.

Le discours très attendu de Félix Tshisekedi à l’ONU sera sans aucun doute un moment charnière dans la gestion du conflit qui oppose la RDC à son voisin rwandais. Le président congolais a l’opportunité d’utiliser cette tribune pour faire entendre la voix des Congolais, tout en prenant à témoin la communauté internationale de la gravité de la situation. Si Félix Tshisekedi parvient à « crucifier » diplomatiquement Paul Kagame, en obtenant des condamnations et des sanctions contre Kigali, il marquera des points à la fois sur le plan interne et international.

Cependant, au-delà des mots, il reste à savoir si ce discours conduira à des actions concrètes de la part de l’ONU et de ses partenaires, car la stabilité de l’est du Congo en dépend.

Aubin KANDEMBI

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