Image default
A la uneÉconomie

Portefeuille de l’Etat : Vive la méritocratie !

Le gouvernement de la République démocratique du Congo vient d’adopter un dossier sur le profil des mandataires publics, exigeant une adéquation avec la filière et l’objet social de l’entreprise. Décision que d’aucuns saluent et qualifient de salutaire pour le pays, en général, et les entreprises du portefeuille de l’Etat, en particulier, dont la plupart périclitent, faute notamment de compétences pour les piloter. Qu’il soit entendu, le clientélisme politique et autres compétences associées ne sont plus de critères de promotion à la tête de ces unités de production. Ainsi en a décidé le gouvernement réuni en Conseil des ministres vendredi 30 août dernier.

Le gouvernement congolais a adopté le dossier lié au profil des mandataires publics, après sa présentation par le ministre du Portefeuille, Jean-Lucien Bussa Tongba, lors de la onzième réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 30 août 2024. Dans son argumentaire, le ministre a rappelé qu’il est indispensable que les mandataires publics disposent de compétences particulières et spécifiques afin d’assumer avec professionnalisme et discernement les fonctions qui leur sont confiées.

« Évoquant les critères d’ordre général, conformes aux dispositions de la loi n°08/10 du 07 juillet 2008 fixant les règles relatives à l’organisation et à la gestion du portefeuille de l’État, le ministre du Portefeuille a cité respectivement les qualifications académiques, l’esprit stratégique, les valeurs morales et éthiques, l’expérience en finances et audit, la connaissance des lois et de la gouvernance d’entreprise, l’ouverture internationale et l’expérience professionnelle », a-t-il expliqué dans le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement.

Profil du mandataire

Toutefois, a-t-il insisté, il faudra limiter le cumul des mandats. D’autres critères spécifiques de recrutement sont également pris en compte selon les dispositions légales de l’Acte Uniforme de l’OHADA.

« Par exemple, le profil du mandataire doit être en adéquation avec la filière et l’objet social de l’entreprise. Le Directeur général et/ou le Directeur général adjoint doivent avoir fait carrière au sein de l’entreprise ou dans le même secteur d’activité, ou posséder des compétences transférables, et l’on exige qu’ils détiennent des diplômes d’études supérieures et des compétences en matière de gestion. Le recrutement de tout mandataire public, qu’il soit actif ou non, devra ainsi se faire par concours », a expliqué Jean-Lucien Bussa Tongba dans le compte rendu de la réunion.

Par la même occasion, Jean-Lucien Bussa Tongba, ministre du Portefeuille, a rappelé que la performance d’une entreprise et sa capacité à réaliser les résultats escomptés sont liées à la qualité de la gouvernance, d’une part, et à une culture de gestion axée sur les résultats, d’autre part.

« Ceci n’est possible que si les mandataires possèdent des compétences et une formation solides », a soutenu le ministre dans son intervention.

Aller jusqu’au bout

L’adoption de ce dossier fait suite aux instructions du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, lors de la deuxième réunion ordinaire du Conseil des ministres du 21 juin 2024. Dans sa communication, Félix Tshisekedi avait souligné la nécessité d’organiser, dans les prochains jours, les états généraux des entreprises du portefeuille de l’État.

Selon lui, ces assises auront pour objectif de poser le diagnostic de chacune d’elles et de proposer des plans de redressement avec des objectifs précis et clairs.

Considérant que les entreprises du portefeuille, y compris les établissements et services publics, devraient être la colonne vertébrale de l’activité économique et industrielle de notre pays, Félix Tshisekedi a chargé le ministre du Portefeuille, ainsi que les ministres sectoriels concernés, de se pencher sur la question et de proposer, dans un bref délai, des solutions appropriées. La Première ministre, quant à elle, devra en assurer la coordination.

Au demeurant, cette mesure gouvernementale sur la promotion de la méritocratie au sein des entreprises publiques de l’État est venue sonner le glas d’une incompétence qui a élu domicile dans des entreprises publiques. Ce système, comme l’ont confirmé plusieurs analystes, est à la base  de faillite et de faute de gestion avec comme conséquence la baisse de l’économie nationale. Voilà pourquoi le gouvernement devra tenir bon et aller jusqu’au bout de sa décision pour sauver des entreprises publiques victimes de l’incompétence de certains gestionnaires.

Le Potentiel

Articles similaires

Lubumbashi : Félix Tshisekedi rappelle son discours ordinaire de ne plus faire confiance aux candidats de « l’étranger »

Rédaction

Élections en RDC : la mission d’observation électorale de l’Union Africaine attend la ténue des scrutins pour émettre son point de vue !

Rédaction

Développement Rural : briefing de la semaine du Ministre d’État Muhindo Nzangi

Rédaction

Alerte alimentaire en RDC : Ne consommez pas ces farines de maïs toxiques (Gouvernement)

Rédaction

RDC : le cercueil de TRANSCO déjà prêt pour rejoindre Sotraz, City Train, Trans urbain, Transkin et New Retranskin ?

Rédaction

RDC :  » La SONAS S.A d’aujourd’hui est meilleure que celle d’hier, celle de demain sera davantage meilleure à celle d’aujourd’hui » ( DG Clément-Désiré Kabongo)

Rédaction