Une nouvelle vague de libérations des détenus a eu lieu à la prison centrale de Makala, le dimanche 22 septembre. Cette fois, il s’agissait des prisonniers gravement malades, qui ont retrouvé leurs familles pour recevoir des soins médicaux.
Lors de cette cérémonie présidée par le ministre d’État, ministre de la Justice, Constant Mutamba, des scènes émouvantes et des images choquantes ont attiré l’attention du public. Des prisonniers, affaiblis par des années de souffrance, peinaient à marcher, certains étant même incapables de se tenir debout sur leurs deux jambes. Après des mois, voire des années, de vie dans des conditions d’extrême précarité, certains détenus ont été transportés dans des bus spécialement affrétés par le ministère et la société Transco.
Parmi les prisonniers libérés, l’on peut voir un homme amaigri par le poids du calvaire de Makala, tirant péniblement son corps épuisé sur le sol poussiéreux. Ses jambes, couvertes de plaies, ne pouvaient plus le soutenir.
« Je n’arrive pas à croire ce qui m’arrive », a-t-il murmuré, les larmes aux yeux, tout en remerciant Dieu et le ministre Mutamba pour ce qu’il considérait comme un miracle.
D’autres scènes tout aussi frappantes ont marqué cette journée. Des détenus, trop faibles pour marcher, étaient transportés en brouettes, tandis que certains étaient soutenus par leurs compagnons. Leurs corps amaigris, souvent couverts de bandages sommaires, témoignaient de conditions de détention extrêmement dures. « On voit ses côtes », a chuchoté un gardien en observant un détenu particulièrement affaibli, dont la maigreur extrême trahissait des mois de privations à des soins de santé.
Cette opération de libération s’inscrit dans un programme plus large, lancé en début d’année par le ministre Mutamba. Conscient des conditions désastreuses dans les prisons du pays, il a ordonné des réformes immédiates, incluant la désinfection des pavillons et un meilleur approvisionnement en médicaments. Ce programme vise également à désengorger les prisons en libérant les détenus malades et en révisant systématiquement leurs dossiers. À ce jour, des milliers de détenus ont déjà bénéficié de cette initiative à travers le pays, et les efforts se poursuivent pour l’étendre aux provinces.
Tigana KANKU

