L’opposant politique congolais Delly Sessanga a été arrêté le jeudi 14 Novembre à Kinshasa, alors qu’il participait à une manifestation contre toute tentative de révision ou de changement de la Constitution de la République Démocratique du Congo.
Selon des sources présentes sur place, plusieurs autres militants ont également été interpellés par les forces de l’ordre. “Il a été arrêté avec plusieurs autres militants”, a indiqué Ados Ndombasi, un autre participant à la manifestation.
Quelques heures après son audition par la police, il a été relâché, en déclarant que ce n’est que le début.
L’opposition a vu d’un mauvais oeil son interpellation et a vite réagi. Ainsi, Moïse Katumbi, le Président de l’Ensemble pour le Changement se dit indigné de cet acte. Selon lui, cette arrestation constitue une étape supplémentaire alarmante dans la dérive totalitaire du pouvoir.
« La défense de notre Constitution est désormais criminalisée ! L’arrestation de @DSESANGA constitue une étape supplémentaire alarmante dans la dérive totalitaire du pouvoir. J’exprime ma plus vive indignation et j’appelle Félix Tshisekedi à retrouver le bon sens et à libérer le président d’Envol et tous les autres prisonniers politiques », a-t-il déclaré sur le réseau social X.
Katumbi parle, en outre, d’une persécution des opposants par le régime en place : « Persécuter les opposants pour changer la Constitution en vue de conserver le pouvoir est une erreur tragique qui emporte toutes les dictatures ».
Bien avant la réaction de Katumbi, Le Cadre de concertation des forces politiques et sociales a condamné
“vigoureusement cette répression qui consacre une violation flagrante de la liberté de manifester et qui sonne comme un recul démocratique aux antipodes de l’Etat de droit. Il note que le pouvoir de Monsieur Tshisekedi traite de manière discriminée les organisations politiques et sociales de notre pays, en laissant s’exprimer, parfois sans aucune autorisation préalable, celles qui lui sont proches et en bâillonnant sous des prétextes fallacieux celles qui critiquent son action. Il s’agit d’une atteinte inacceptable aux droits fondamentaux et à la liberté d’expression garantis par notre Constitution.”
Pour rappel, le Président Félix Tshisekedi s’était dit favorable pour une révision de la ou son changement. Depuis lors, c’est presqu’un ouragan politique qui secoue la RDC, mettant en osmose l’opposition congolaise et la majorité présidentielle. Les mandataires de l’Union Sacrée, la plateforme qui a porté le Chef de l’État à sa réélection soutient intégralement cette démarche en brandissant une avalanche d’idées.
L’opposition y voit plutôt une démarche machiavélique devant mener Félix Tshisekedi à rester au pouvoir au-delà de son deuxième mandat constitutionnel.
R.C

