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Guerre à l’Est de la RDC : Paul Kagame essoufflé par les dernières cartouches de Félix Tshisekedi !

J’ai comme l’impression que l’avenir de la RDC se joue maintenant, juste après le passage du souverain pontife , à Kinshasa, sur invitation du Président Félix Tshisekedi.

J’ai aussi comme l’impression que les quelques 3 ou 4 ans que le President Tshisekedi a passé à la magistrature lui ont permis de se faire une nette idée des chefs d’Etat du continent et du monde entier qu’il a pu rapprocher, le président Tshisekedi aurait encore, à mon avis, appris de grandes leçons de ses homologues voisins, dont nombreux sont jugés par la population congolaise « des marionnettes, au service des intérêts des multinationales qui soutiennent la guerre à l’Est à leur profit ».

La RDC a tendu la main maintes fois à ses partenaires traditionnels. Les multiples voyages du président Tshisekedi à son arrivée au pouvoir peuvent bien en témoigner. Mais, dans tout ça le feed-back n’a pas été aussi salutaire à l’entente de la population congolaise. Durant ses pénibles 4 ans à la magistrature suprême, Félix Tshsiekedi s’est battu comme s’il n’avait  à ses côtés des partenaires : la guerre à l’Est a emporté plus de vies humaines,  une dégradation de la situation humanitaire. D’ailleurs, dernièrement, le ras-le-bol de la population du Nord-kivu a confronté cette dernière avec les forces onusiennes, exigeant leur départ. Ces signaux ternissent remarquablement  l’image d’un candidat aux futures élections, d’où, le vœu d’une large opinion de voir la RDC signer des accords de défense et sécurité avec la Russie. La même opinion propose que les accords économiques restent avec l’occident et les Etats-Unis.

En effet, chers amis, les analystes avérés ont salué la stratégie de l’actuel président congolais d’inviter le Pape François dans son pays la RDC. D’après ces observateurs, la stratégie a été efficace et offensive.

En des termes clairs, voici les résultats immédiats du passage papal :

1. Ballet diplomatique au pays : l’émissaire de Macron  en charge de Afrique, Mr Franck Paris est passé à Kinshasa la semaine passée; le vice-ministre de défense ukrainien a rencontré son homologue congolais le vendredi 10 février en vue des accords de coopération entre la RDC et l’Ukraine ;

2.  D’autre part, une forte délégation des Nations unies est arrivée en République démocratique du Congo pour un séjour de consultation du 8 au 12 février 2023. La délégation est composée de la sous-secrétaire générale pour l’Afrique, Martha Pobee, celle pour l’appui au maintien de la paix, Mme Elizabeth Spehar, celui pour l’état des droits et les institutions de sécurité, Alexandre Zouev et la directrice régionale pour l’Afrique du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Ahunna Eziakonwa.

D’après Antonio Guterres, cette visite vise à assurer la cohérence et l’alignement des initiatives de l’ONU ainsi qu’un appui intégré aux priorités nationales en matière de maintien de la paix, avec un accent particulier sur le désarmement, la démobilisation, la réintégration et la stabilisation.

3.  Le prochain voyage, en début mars d’Emmanuel Macron. Pourquoi le Président Français arrive-t-il en RDC ?  « Le président de la République française, Emmanuel Macron sera en visite officielle en République démocratique du Congo le 3 mars prochain”, a révélé le service de communication de la présidence congolaise.

Au cours de cette visite de travail, indique-t-on, Emmanuel Macron aura des échanges avec son homologue congolais, Félix Tshisekedi, avec qui ils vont aborder plusieurs questions liées notamment à la coopération, à la sécurité et à l’investissement.

Même si le service de la communication de la présidence congolais ne l’a  pas signifié, il faut retenir que le premier but poursuivi par Emannuel Macron est clair : contrecarrer la propagande russe qui dépeint la France comme une puissance coloniale. En 2017, lors de son premier déplacement en Afrique, Emmanuel Macron avait pourtant misé, dans un discours prononcé à Ouagadougou, sur le « soft power » français. C’est le contraire qui s’est produit. Un sentiment anti-français s’est développé dans plusieurs anciennes colonies, comme au Mali, au Burkina Faso, au Niger ou au Sénégal, entraînant des manifestations et, in fine, le départ des troupes françaises du Mali et du Burkina Faso.

https://youtu.be/nfrk7v0XOsc

Le président français est donc désormais à l’offensive. Dans son discours devant les ambassadeurs français réunis à l’Élysée, le 1er septembre 2022, Emmanuel Macron a exhorté les diplomates à être « plus réactifs » face à la propagande hostile à France sur les réseaux sociaux, distillée par un « narratif russe, chinois ou turc » qui prétend que « la France est un pays qui fait de la néo-colonisation et qui installe son armée » sur le sol de pays africains.

4.  L’Ukraine, à travers son vice-ministre de la Défense, Denys Sharapov, reçu vendredi par son homologue congolais  Gilbert Kabanda, compte intensifier les relations de coopération avec la République démocratique du Congo (RDC), pays agressé comme elle.

« Cette visite auprès du ministre de la Défense nationale et anciens combattants vise à approfondir et intensifier nos relations bilatérales, puisque nous traversons les mêmes épreuves », a déclaré le vice-ministre ukrainien à l’issue de l’audience.

« Je pense que l’Ukraine et la RDC vont trouver un langage commun, afin de collaborer non seulement sur le plan sécuritaire, mais politique, économique et culturel », a-t-il souligné, révélant que   sa visite s’inscrit également « dans le dossier général qui s’appelle intensification considérable des relations bilatérales avec le Congo ». Le vice – ministre ukrainien de la Défense était accompagné de l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire  de son pays basé à Dakar (Sénégal), Yurii Pyvovarov.

Quelle est la perception de la population de ces visites ?

La majorité de congolais  estiment que les différentes visites des corps diplomatiques sont une stratégie de Kigali qui a constaté avec ses lobbies que le vin est tiré et qui tente de bousculer les diplomates occidentaux en poste au Rwanda pour faire imposer une logique guerrière déjà dépassée.

Chose que ne pense forcément une minorité de la population au Congo-Kinshasa.

Voici les mots du pape qui ont fait renverser la vase :

“Mais ce pays et ce continent méritent d’être respectés et écoutés, ils méritent espace et attention : retirez vos mains de la République démocratique du Congo, retirez vos mains de l’Afrique ! Cessez d’étouffer l’Afrique : elle n’est pas une mine à exploiter ni une terre à dévaliser. Que l’Afrique soit protagoniste de son destin !”  Que le monde se souvienne des désastres commis au cours des siècles au détriment des populations locales et qu’il n’oublie pas ce pays ni ce continent. Que l’Afrique, sourire et espérance du monde, compte davantage : qu’on en parle davantage, qu’elle ait plus de poids et de représentation parmi les nations!”.

Ces mots du souverain pontife ont été les plus durs à l’égard des puissances balkanisatrices de la République démocratique du Congo. Le pape a surpris le monde par la dureté de ses propos, relevant notamment les méfaits des forces étrangères prédatrices de la RDC en leur demandant très courageusement d’ôter leurs mains criminelles et dévastatrices du sol et du sous-sol du Congo-Kinshasa.

https://youtu.be/M5OB0zs4d4I

Qu’est-ce qui s’est passé du côté du Rwanda ?

Ébranlé, le président Paul Kagame a convoqué mercredi le corps diplomatique présent à Kigali pour le sensibiliser par rapport à ce qu’il considère comme une volte-face de la communauté internationale, celle-là même qui aurait cautionné le recours à la violence pour contrer Kinshasa à partager son territoire et ses ressources naturelles avec les États limitrophes afin que les multinationales s’y installent et y prospèrent.

En des termes très durs, Kagame aurait presque menacé les ambassadeurs et chefs des missions diplomatiques accrédités au Rwanda de faire attention à ce qui se passe en République démocratique du Congo. Le président rwandais ne croit plus aux accords avec Kinshasa (Félix Tshisekedi) et se méfie au jour le jour de ses partenaires de la communauté internationale.

Le dernier virage de Tshisekedi avant les élections de 2023

La population en RD Congo connait maintenant et pertinemment bien la vérité sur l’agression rwandaise et ses contours.  A l’heure actuelle, beaucoup s’attendent à un partenariat de défense de la RD Congo avec la Russie. Mais est-ce que cette décision n’entrainerait-elle pas d’impacts négatifs dans la vie socio-économique du peuple congolais ? On le sait bien : les Etats-Unis occupent une place de choix dans la stabilité socio-économique de nombreux pays. Rapprocher les russes, n’ouvrirait-il pas une porte à l’asphyxie économique en RDC ? S’il faut emprunter cette voie, quels mécanismes mettre en place pour esquiver un sentiment  anti-occidental dans les chefs de la population ?  La RDC peut adopter le modèle du Burkina Faso, maintenir les autres partenaires mais faire appel au groupe Wagner pour la défense ?

En attendant, on ne peut que saluer la programmation  budgétaire en faveur de l’armée. « Le président Félix Tshisekedi a tout l’intérêt  de désormais investir dans l’armée congolaise maintenant que le pays n’a plus d’embargo concernant l’achat des armes », comme l’a recommandé son homologue angolais, João Lourenço.

Aubin Kandembi

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