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Conseil des ministres extraordinaire/Drame à Makala : attentes déçues, le gouvernement regarde au budget 2025

En l’espace de 72 heures, les ministres ont été convoqués à la Cité de l’Union Africaine. Lundi 9 septembre, ils s’y sont retrouvés en conseil des ministres extraordinaire à la demande du Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, de retour du 9è sommet de la coopération sino-africaine  qui s’est tenue du mercredi 4 septembre 2024-vendredi 6 septembre 2024 à Beijing. Contrairement aux attentes de la population qui auraient voulu entendre des décisions vigoureuses en rapport avec les incidents macabres de la prison  centrale de Makala ; lesquels ont eu lieu à l’absence du chef de l’Etat, le conseil des ministres extraordinaire a essentiellement fait focus le projet de loi de finances 2025 et le projet rectificatif du budget 2024. L’urgence d’examiner cette matière s’explique par l’ouverture imminente de la session de septembre 2024, laquelle est essentiellement budgétaire. Ne voulant pas être en déphasage avec le calendrier parlementaire que le chef de l’Etat a convoqué en urgence un conseil des ministres extraordinaire consacrée au budget national.

De retour de Pékin (Chine), où il a pris part aux assises de la 9è édition du Sommet de la coopération sino-africaine  qui s’est tenue du mercredi 4 septembre 2024-vendredi 6 septembre 2024, le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, a convoqué, lundi 9 septembre, une réunion de conseil des ministres extraordinaire essentiellement consacrée à l’examen du budget 2025 et au budget rectificatif 2024. L’urgence de cette réunion, tenue 72 heures après le douzième conseil des ministres présidé par la Première ministre, cheffe du gouvernement, s’explique par l’ouverture imminente de la session ordinaire de septembre dans les deux chambres du Parlement.

Essentiellement budgétaire, la session septembre 2024 s’ouvre lundi prochain. Et selon la tradition instaurée par Jean-Michel Sama Lukonde, alors Premier ministre, le gouvernement dépose au bureau de la représentation nationale le projet de  loi de finances de l’exercice, le jour même de la rentrée parlementaire. C’est sans doute pour sacrifier à cette exigence que le chef de l’Etat a convoqué un conseil des ministres extraordinaire, question de concocter un draft bien ficelé à soumettre à l’examen des élus nationaux.

C’est dans cet ordre d’idées que le ministre d’État en charge du Budget, Aimé Boji Sangara a présenté au président de la République et aux membres du gouvernement le projet de loi budgétaire rectificative de l’année en cours ainsi que les prévisions pour l’année 2025.

Si aucune information n’a filtré autour de la taille du budget 2025, il reste néanmoins acquis que le budget national s’est inscrit, depuis quelque temps, dans une dynamique d’accroissement significatif des prévisions budgétaires dû notamment aux efforts de mobilisation des recettes de l’État, à l’appui budgétaire au nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI) ainsi qu’à la volonté du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, d’améliorer, de manière significative, le social des populations congolaises.

Par ailleurs, il  sied de rappeler que la revisitation des contrats miniers avec la Sicomines contribue, de manière considérable, au développement des infrastructures et à l’accroissement du budget national.

Il faut aussi relever que cette réunion du gouvernement, qui s’est penchée sur le budget rectificatif 2024 et le budget national 2025, n’a pas éludé des questions factuelles, notamment celles liées à l’urgence sanitaire du Mpox et de la tentative d’évasion à la prison centrale de Makala.

Attentes déçues

On note aussi que les attentes du public sont quelque peu déçues, car la population de Kinshasa, notamment, attendait de ce conseil des ministres extraordinaire des décisions vigoureuses en rapport avec les incidents macabres de la prison  centrale de Makala ; lesquels ont eu lieu à l’absence du chef de l’Etat.

On rappelle qu’il y a une semaine, Kinshasa a été le théâtre d’une tragédie sans précédent lors de l’opération visant à contenir une tentative d’évasion à la prison centrale de Makala. La tentative de contrôle s’est transformée en une véritable tuerie, entraînant la mort d’au moins 129 personnes, dont 24 par balles, plusieurs blessés, et 195 cas de viols dont un décès à la suite d’un viol par 10 personnes, rapporte la Ligue de la zone Afrique pour la défense des droits enfants et élèves (Lizadeel).

Ces événements ont suscité une indignation  parmi les Congolais, laquelle a été aggravée par une communication officielle désarticulée, floue et insatisfaisante. Ce qui installe un climat d’angoisse, de colère qui souligne la nécessité d’une transparence immédiate et d’une réponse adéquate de la part des autorités congolaises.

Les observateurs politiques attendaient voir la manière à laquelle le président de la République entendait articuler son message au cours de cette réunion cruciale. Pour beaucoup, il devait profiter de cette occasion pour aborder la question liée aux incidents de la prison de Makala et proposer des mesures visant à apaiser les tensions.

En tout état de cause, l’absence d’une prise de position claire de la part du président de la République, Félix Tshisekedi, face à cette tragédie soulèvera longtemps encore des questions sur la responsabilité de l’État et son engagement envers la protection des droits fondamentaux des citoyens.

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