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Échec de motion de défiance contre Alexis Gisaro : un complot démystifié !

Le ministre des Infrastructures et Travaux publics, Alexis Gisaro Muvunyi, ne sera pas ce lundi 25 novembre 2024 devant les députés nationaux pour répondre à la motion de défiance déposée contre lui.

Selon un communiqué publié le dimanche 24 novembre par le bureau de l’Assemblée nationale, le ministre n’a pas obtenu l’autorisation de la Première ministre pour se rendre au Palais du Peuple. Des informations glanées par Réveil Congo dans les couloirs de l’Union Sacrée et de l’UDPS, le Patron des infrastructures congolaises serait victime d’un complot de la part de certains membres députés de cette méga-plateforme mais hésitent de l’exprimer à haute et intelligible voix.

« Comment voulez -vous faire couler un ministre qui n’a pas été évalué par la première ministre, conformément aux instructions du Président de la République ? Il faut donc comprendre par-là une hypocrisie de quelques partenaires au sein de l’Union Sacrée », a confié un élu à Réveil Congo.

Le Groupe parlementaire AFDC-A (Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés) et son leader, le professeur Modeste Bahati, ont exprimé leur opposition à cette motion, qualifiée de désapprouvée par leur camp. Alexis Gisaro, membre de l’UDPS, bénéficie ainsi d’un soutien affiché dans cette épreuve politique.

Les raisons de la motion 

La motion de défiance, initiée par un groupe de 58 députés de l’Union sacrée de la nation (USN), dont 9 issus de l’UDPS, accuse Alexis Gisaro d’une gestion défaillante de son ministère. Les députés dénoncent notamment des travaux publics qui, bien que financés, demeurent inachevés, voire inexistants. Les projets phares « Zéro trou » et « Tshilejelu », promus par le président Félix Tshisekedi pour moderniser le réseau routier national, sont également pointés du doigt comme des échecs notoires.

Défense d’A. Gisaro à l’hémicycle

Le ministre Alexis Gisaro était le mercredi 13 Novembre devant la représentation nationale pour répondre aux questions orales avec débat de trois députés nationaux.

Il a expliqué : «Notre réseau routier national présente 1 linéaire total d 153.000km dont 58.000 d’intérêt général et sur lesquels environ 3.000km sont revêtus, c’est-à-dire près de 5% du linéaire d’intérêt général. Ceci est en contraste frappant avec les autres pays d’Afrique Subsaharienne, dont le même ratio oscille autour de  25%.  Ce ratio, pour la RDC, devient encore plus faible si l’on compare les 3.000 km revêtus à l’ensemble du réseau national de 153.000 km[…]».

Le Patron des travaux publics congolais a également éclairé la lanterne des élus du peuple sur les obstacles auxquels le secteur des infrastructures est buté à travers toute l’étendue du territoire national : « deux contraintes majeures ont handicapé notre pays dans sa volonté d’inverser la tendance dans le secteur des infrastructures et Travaux publics :  – un déficit de  ressources, qui se caractérise par le sous-financement du secteur routier, – le sous-équipement et le vieillissement des engins de travaux existants».

Et de renchérir : « Le parc d’équipements des Structures du Ministère, dont les engins principaux ont été acquis depuis 2010, est vétuste et n’est plus à la hauteur pour assurer une maintenance minimale du réseau routier, surtout dans sa partie en terre».

Les députés nationaux ont été informés d’un plan quinquennal élaboré par le ministère des ITP pour la période allant de 2024 à 2028 et qui vise la réalisation des études sur l’ensemble du réseau national, financ par le Programme Sino-Congolais et le Trésor public afin de « disposer d’un portefeuille des projets bancables et de qualité ».

Il a expliqué, de manière exhaustive, quelques réalisations et les travaux en cours :

« La construction de 12.000km de routes d’intérêt général revêtues et d’environ 500 km de voiries urbaines. Sans être exhaustif, il cible les routes des corridors économiques telles que : la RN1 qui connecte Banana à Kasumbalesa en passant par Kananga et Mbujimayi. La RN2, qui connecte Mbujimayi à Beni en passant par Bukavu & Goma dont les travaux seront lancés, pour les 280 premiers kilomètres, en début décembre 2024 ; la RP703 qui connecte Kananga à Kalamba Mbuji dont les travaux sont en cours et prévus d’être achevés endéans 3 ans. La RN4 ds son tronçon compris entre Kisangani et Beni ; la RN5 entre Bukavu et Uvira ; les rocades Sud-Est & Sud-Ouest de Kin, prévues d’être achevée endéans 3 ans. La réhabilitation dans une première phase de 18.500 km d routes en terre par l’acquisition d’une nouvelle flotte d 5.000 engins d génie civil, et ce, grâce à un accord de prêt avec un consortium d banques sud-africaines, validé par le Conseil des Ministres et déposé au Parlement pour son adoption ».

En outre, le ministre Gisaro a mis au parfum les élus nationaux sur le protocole d’accord entre la République Démocratique du Congo et l’Ouganda concernant l’amélioration des voies de communications transfrontalières aux fins des échanges commerciaux et culturels entre les deux peuples.

« A la suite des rencontres au sommet entre la RDC et l’Ouganda, les 2 parties ont émis le vœu d’améliorer les voies de communication transfrontalières, et ainsi booster les échanges commerciaux et culturels entre les peuples. Cette vision a été concrétisée par la signature d’un Accord Intergouvernemental qui a ouvert la voie à la signature d’un Accord tripartite RDC, Ouganda et Dott Services pour le développement d’un projet routier :1. Kasindi-Beni (80 km), 2. Bunagana-Rutshuru-Goma(89 km) ; 3. Beni-Butembo(54 km).  L’Accord intergouvernemental et l’Accord tripartite de Développement de projet a prévu que les deux pays contribuent au financement du projet à hauteur de 40% du coût total, soit 20% à charge de chacun des Etats, tandis que Dott financera la différence, soit 60%. Toutefois, les contraintes sécuritaires ont été le plus grand obstacle à l’avancement rapide des travaux. Il est à noter que ces contraintes sécuritaires sont la cause du non démarrage effectif des travaux sur la route Bunagana – Rutshuru – Goma », a-t-il expliqué.

Il a épinglé les chiffres clés dudit accord : « A retenir sur les clauses du contrat tripartite gouvernement Congolais, Ouganda et Dott Services : le coût du projet après études est de USD 551.597.498 pour un linéaire global de 223 km : 1. Kasindi – Beni (80 km) ; 2.Bunagana – Rutshuru – Goma (89 km) & 3. Beni – Butembo (54 km). Ainsi que les différents ponts et autres ouvrages ;les deux pays se sont engagés à contribuer financièrement au projet à hauteur de 40% du coût du total, soit 20% à charge de chacun des Etats tandis que Dott Services Ltd s’est engagée à prendre en charge 60%. Le système de péage sera mis en place pour le remboursement de l’investissement, néanmoins, la participation de 2 Etats aura pour effet d’alléger les coûts de péage. La durée prévue de construction est de trois (3) ans, tandis que la durée minimum de la concession est de 15ans. Sur le chantier, il faut noter que les contraintes sécuritaires et la problématique des exonérations, constituent les grands obstacles rencontrés ».

Au sujet des clauses contractuelles de l’axe Kisangani -Komanda-Beni, il a répondu ce qui suit : « Les clauses contractuelles de l’axe Kisangani-Komanda-Beni avec l’Entreprise CCCC se résument notamment comme suit : Le coût du projet après études a été évalué à  1.453.000.000 $ pour un linéaire global de 850km équivalent à 1×2 bandes de 3,5 mètres… »

Et de poursuivre dans un autre chapitre : « L’Etat actuel d la RN2 Bukavu-Walungu-Mwenga-Kitutu-Kasongo, il y a lieu de noter ce qui suit :le tronçon Place d l’Indépendance Bifurcation Maria Kachelewa, long d 10 km, est en pleine réhabilitation grâce aux travaux de modernisation qu’exécute la Sté Congolaise de Construction ».

Par ailleurs, Alexis Gisaro a plaidé pour la réhabilitation de des ponts Kandubo, Mudubwe, Zalya, Lubyala, Zokwe, dont les fonds sont estimés à 800.000 dollars américains.

«Les ponts Kadubo, Mudubwe, Zalya, Lubyala, Zokwe, se trouvent actuellement dans un état critique. La remise en état de l’ensemble de ces ponts, nécessite une mobilisation des fonds estimés à USD 800.000 que le Ministère des ITP devrait obtenir du Trésor public », a-t-il indiqué.

Quant à la non prise en compte d l’axe routier Bukavu-Mwenga- Kitutu –Kasongo par le financement de la Sicomines SA, a-t-il affirmé, il y a lieu de préciser qu’au stade actuel un protocole d’accord a été signé pour la prise en charge des études.

En ce qui concerne l’utilisation de fonds du FONER récoltés sur le tronçon Bukavu – Kamituga, il a signalé que le FONER ne collecte plus les recettes de péage sur ce tronçon routier depuis mars 2020 suite au mauvais état de la route.

Au cours d’une plénière, le speaker de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe a fait observer aux signataires de cette motion de censure d’éviter les énervements dans la censure de l’action gouvernementale sinon tout le gouvernement serait englouti.

Un journaliste de la chaîne de télévision 10 ème Rue a noté la bonne foi d’Alexis Gisaro de matérialiser la volonté du Chef d l’État. Il cite quelques réalisations.

« Halte à l’intox!!! Le journaliste Vincent Muzungu,  note qu’ ALexis Gisaro est un homme de la situation au gouvernement Suminwa. Il rappelle la réalisation avec succès du projet kin zero qui  a connu un succès inédit.  Ce projet  concernait  la réhabilitation partielle des artères où l’état de la voirie était dégradé. Sans peur d’être contredit voici les artères de la première phase du projet dont les travaux ont été exécutés avec enthousiasme dans sa première phase lots1.:

Avenue kananga1, Avenue Kananga 2, Avenue walungu, Avenue université, Avenue libération, Avenue Ngambela,Avenue Mobutu, Première entrée ndjili, Oua1, Oua2, Basoko et tant d’autres », rappelle Vincent Muzungu.

L’opposition pas d’accord

Pour l’opposition, le ministre Gisaro devrait être éjecté de sa chaise. Le professeur Paul-René Lohata, secrétaire général du Parti Mouvement Lumumbiste Progressiste « MLP », de Franck Diongo, estime que l’UDPS protège des ministres qui n’ont pas de bilan à présenter.

« En RDC, le caractère non impératif du mandat d’un député et le slogan *Peuple d’abord* (UDPS) sont des mots creux. Tenez, alors que les paysans ruraux congolais ne savent pas écouler leurs produits agricoles sur le marché, en raison de l’absence des routes et de la connectivité entre provinces, villes et villages ; ajouter à cela l’absence des voies publiques et l’impraticabilité de celles qui existent encore à Kinshasa, c’est le moment que choisissent l’UDPS et ses mosaïques pour interdire à leurs députés d’interpeller le ministre des Infrastructures et des Travaux publics, qui assiste impuissant à la dégradation des voies publiques en RDC et à Kinshasa », souligne ce Professeur auprès de Réveil Congo.

Une polémique au sein de l’Union sacrée 

Cette situation a créé des tensions au sein de l’Union sacrée. La direction de l’UDPS s’est vigoureusement opposée à cette motion, qu’elle juge contraire aux directives du chef de l’État. Lors de la vingtième réunion du Conseil des ministres, le président Tshisekedi avait en effet insisté sur l’importance d’évaluer les performances de chaque membre du gouvernement avant toute initiative.

L’UDPS a appelé ses membres à se rassembler pour contrer cette motion de défiance, considérée comme une source d’instabilité pour le gouvernement. Le parti a également critiqué l’absence de concertation préalable avant le dépôt de cette motion par certains députés. En réponse à cette crise interne, l’UDPS a confié à Jean-Claude Tshilumbayi, premier vice-président de l’Assemblée nationale, la responsabilité de défendre désormais les intérêts du parti au sein de l’hémicycle.

Rédaction

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