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Justice

Affaire « forages » : sur 70 millions, le travail exécuté n’a même pas franchi le seuil de 4 millions USD (Muhindo Nzangi)

L’affaire des forages a pris une nouvelle tournure suite aux révélations faites le lundi 2 novembre par le ministre d’État et ministre du Développement rural, Muhindo Nzangi. À l’écouter, tout laisse penser que ce dossier serait un pur montage utilisé par les personnalités impliquées pour dilapider les deniers publics à des fins personnelles.

De nombreuses questions restent en suspens, et il faudra attendre la comparution de l’ancien ministre du Développement rural, Guy Mikulu (qui avait signé le contrat en fin de mandat), ainsi que celle de l’argentier congolais, actuellement à l’étranger pour des soins médicaux. Parmi ces interrogations :

  • Pourquoi Mike Kasenga n’a-t-il pas financé l’exécution du projet, comme stipulé dans la clause du contrat ?
  • Pourquoi Nicolas Kazadi a-t-il ordonné le paiement quasi intégral du projet, en violation manifeste de l’article 5 du contrat, et avec quelle intention ?
  • Les sites d’exécution du projet avaient-ils été clairement identifiés pour permettre sa mise en œuvre ?
  • Sur le terrain, Muhindo Nzangi, après une visite des sites désignés, a fait un constat alarmant : selon ses estimations, les travaux n’ont même pas atteint un coût de 4 millions de dollars.
  • Pourtant, lors de la première journée de l’audience, Mike Kasenga a affirmé devant la Cour que le projet était en cours dans des zones reculées.

« En tant que renseignant, je suis ministre d’Etat, je dois protéger les intérêts de l’État congolais. J’ai bien démontré que le contrat était signé à des circonstances particulières par le ministre Guy Mikulu, qui était déjà démissionnaire, puisque que le gouvernement Sama avait déjà été nommé. J’ai bien voulu démontrer que c’est dès le début du contrat que les sites devaient être indiqués », a déclaré Muhindo Nzangi au sortir de l’audience.

Et de renchérir : « Il ne revient pas au cours de l’exécution du contrat, qu’on puisse maintenant venir chercher les sites d’exécution. J’ai bien démontré que le contrat prévoyait que la première phase soit préfinancée totalement par Mike Kasenga, avant d’être payée sur facture, mais qu’il a été pratiquement payé presque en entièreté avant même d’exécuter le contrat.

« J’ai bien démontré qu’il y a des sites sur lesquels on dit que les choses ont été faites. Et j’ai démontré que j’ai été dans la Mongala, posant la question à la population, je me suis rendu compte que même les sites qui étaient indiqués, en fait, il n’y avait pas quelque chose qui avait été fait. Moi, je crois qu’ici, il s’agit de la gestion rationnelle des fonds de l’État ».

Revenant sur les fonds alloués à ce projet, il a expliqué : « 71 millions de dollars américains pris par un investisseur pour exécuter des choses dans lesquelles le rapport vous démontre que jusqu’à présent, en tous cas, on n’a même pas franchi le seuil de 4 millions. 71 millions de dollars américains, c’est de l’argent qui peut servir à 5 millions de personnes en milieu rural en eau potable. Donc je crois que ce dossier doit être plus au sérieux. Je sais qu’on n’a pas d’estomac pour consommer autant d’argent ».

Muhindo Nzangi espère que l’Etat congolais pourrait récupérer l’argent qui va rester après évaluation afin que le gouvernement puisse l’affecter aux populations souffrant d’eau potable en milieux ruraux.

« Je demande que nous puissions finaliser le travail d’évaluation physique de ce qui a été fait, et de quantification des dépenses qui ont été faites, pour que le reste de l’argent serve le ministère de développement rural à pouvoir desservir de l’eau à la population. Moi, je ne fais que mon travail, je protège les Congolais. Je ne peux pas prendre le rapport officiel qu’il y a des stations d’eau dans lesquelles il y a des eaux impropres, et continuer à demander aux gens de faire le même travail. Je dois m’arrêter, et c’est de ma responsabilité ».

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