India Omari , homme politique congolais et analyste stratégique note plusieurs fautes graves dans le chef de l’ex-ministre de la justice et garde des sceaux Constant Mutamba. Ces erreurs, d’après nombre d’observateurs ont précipité la chute de Constant Mutamba.
India Omari qui connait bien Constant Mutamba, a réagi à ce débat pour l’intérêt de la Nation. D’abord, il dénonce l’utilisation inappropriée des fonds destinés à l’indemnisation des victimes de guerre de Kisangani pour financer la construction d’une prison, alors que ces fonds logés dans le compte Frivao n’étaient pas prévus à cet effet.
Il pointe également l’absence d’un cabinet solide autour du ministre, qui aurait pu l’aider à éviter de telles dérives. À cela s’ajoute, selon lui, une faute stratégique : le fait d’avoir demandé pardon à la commission parlementaire, ce qui a été perçu comme un aveu de culpabilité et a permis au procureur de renforcer ses charges.
India Omari critique également le refus de Mutamba de répondre à une convocation du parquet, ainsi que son comportement jugé irrespectueux envers la Première ministre et le président de l’Assemblée nationale, alors qu’il aurait dû, selon lui, faire preuve de plus d’humilité.
Sur le plan administratif, Omari déplore la manière dont la lettre de démission a été rédigée, la qualifiant de mal formulée et inappropriée pour une correspondance adressée au chef de l’État.
India Omari s’interroge : comment un pays comme le Rwanda peut-il manigancer une telle affaire, et le ministre Mutamba tomber aussi facilement dans le piège ? Si cette hypothèse est retenue, conclut-il, cela signifie que le cabinet du ministre — ou son directeur de cabinet — a manqué de vigilance et de compétence.
Il s’étonne aussi que le ministre affirme qu’il soit piégé dans une affaire qui aurait été orchestrée par le Rwanda. Des affirmations qui ne tiennent pas leurs place aux yeux de M. India Omari. Ce dernier pense que dans l’hypothèse où ses affirmations seraient vraies, cela reviendrait à confirmer que le cabinet de Mutamba serait faible. « Comment quelque chose peut être monter au Rwanda et votre cabiner tombe dans le piège sans le détecter « .
Il lui reproche , par ailleurs d’avoir interdit au secrétaire général de répondre à l’invitation du procureur général près la Cour de cassation, une décision qu’il juge inacceptable.
Autre point soulevé : le choix douteux de l’entreprise chargée de construire la prison, Zayon, dont les compétences dans le domaine sont contestées. Il remet en question les critères qui ont motivé cette sélection. India Omari note également une erreur juridique majeure: Mutamba a récusé le procureur Général Firmin Mvonde et les magistrats qui travaillent avec lui alors que, aux dires de M. Omari, la loi ne permet la récusation que des juges, et non des magistrats instructeurs. Enfin, il l’invite à travailler sur sa gestion des émotions, à gagner en maturité et à s’éloigner du populisme dans sa manière de se défendre publiquement.
Aubin Kandembi

