À quelques jours seulement de l’attaque violente perpétrée contre Jean-Marc Kabund-A-Kabund à Camp Luka, le 6 décembre dernier, un débat majeur secoue la scène politique congolaise : pourquoi les grands ténors de l’opposition ont-ils tardé à réagir ?
Dans une tribune incisive, publiée par le Révérend Jonas Lutsha, Conseiller au Pool Juridique du cabinet du PN-A.Ch-CGC, l’auteur dénonce un silence « troublant » de la part de figures pourtant considérées comme les piliers de l’opposition. Moïse Katumbi, Joseph Kabila, Martin Fayulu et d’autres leaders ont mis plusieurs heures voire plusieurs jours avant de se prononcer sur une attaque que beaucoup interprètent comme une tentative d’assassinat.
Pour Jonas Lutsha, cette inertie n’est pas anodine. Elle révèle, selon lui, un malaise profond au sein d’une opposition déjà fragmentée, où les rivalités personnelles semblent parfois peser plus lourd que les valeurs démocratiques proclamées. L’auteur estime que Kabund, longtemps donné pour politiquement fini, revient aujourd’hui comme une figure capable de mobiliser la rue, ce qui dérangerait plus d’un acteur traditionnel.
Dans cette tribune sur le Magazine d’Eveil, M. Jonas Lutsha pose une question de fond : « L’opposition a-t-elle vraiment échoué à protéger l’un des siens ou a-t-elle craint le retour en force d’un homme qu’elle avait sous-estimé ? » La réponse dans les lignes suivantes :
Politique : Jean-Marc KABUND-A-KABUND blessé, les grands ténors de l’opposition tardent à réagir (Tribune de Jonas Lutsha) !
La tentative d’assassinat visant Jean-Marc Kabund, le 6 décembre à Camp Luka, n’a pas seulement révélé les dérives d’un pouvoir de plus en plus brutal.
Elle a aussi mis à nu le malaise profond d’une opposition dont certains leaders semblent tétanisés par la montée fulgurante d’un homme qu’ils espéraient définitivement neutralisé. Le silence frileux de Katumbi, Kabila et d’autres ténors n’est pas seulement incompréhensible : il est politiquement suspect.
Une attaque violente, une opposition muette
Alors que Kabund gisait blessé, victime d’une attaque attribuée à des éléments mêlant agents du régime et kulunas, le pays attendait d’entendre les grandes voix de l’opposition.
Elles n’ont pas parlé.
Ou trop tard.
Cette absence de réaction immédiate pose une question troublante :
A-t-on affaire à des partenaires politiques ou à des compétiteurs soulagés qu’un rival soit momentanément affaibli ?
La rue, seul baromètre du vrai leadership!!!
L’histoire politique congolaise est claire :
le leadership se construit dans la rue, pas sur les plateaux TV ni derrière des comptes Twitter mis sous perfusion médiatique.
À ce jeu-là, Kabund a l’avantage.
Il n’a pas besoin d’ingénierie communicationnelle : il a la mobilisation.
Il n’a pas besoin de milice : il a la rue.
Cette réalité dérange.
Surtout ceux qui avaient parié sur une opposition aseptisée, technocratisée et centrée sur les caméras.
La « démocratie numérique » défendue par certains journalistes n’est, selon Jonas Lutsha, qu’un “concept vide et trompeur”.
Kabund, le revenant qui fait peur.
Kabund, humilié, incarcéré, isolé, devait disparaître du paysage politique.
Il revient plus fort, plus audible, et plus suivi que beaucoup de ceux qui se prétendent
“leaders naturels”.
Et c’est là que la polémique se cristallise.
Car comment expliquer que Katumbi, Kabila, et d’autres figures majeures aient gardé un silence aussi pesant ? Par prudence ? Par calcul ?
Ou par peur qu’un homme qu’ils avaient sous-estimé ne devienne l’axe central d’une nouvelle opposition ?
Même la réaction tardive de Martin Fayulu-publiée deux jours après les faits-ressemble davantage à un geste forcé qu’à un réflexe politique sincère.
Un homme seul face aux ambitions des autres:
Depuis la prison, Kabund n’a cessé de dénoncer les injustices démocratiques, d’interpeller le pouvoir et de défendre ceux que l’on voulait faire taire.
Cette constance contraste violemment avec les ambiguïtés, les hésitations et les silences d’une opposition fragmentée, où chacun protège son pré carré.
Le problème aujourd’hui est ouvertement posé : De nombreux opposants redoutent plus Kabund que le pouvoir en place.
Car ce qu’il possède, ils ne peuvent le fabriquer :
- un lien organique avec la rue,
- une aura née de l’injustice,
- une résistance forgée dans l’adversité,
- et une cohorte de sympathisants qui voient en lui le reflet de leurs propres luttes.
Le feu qui brûle les jaloux
Jonas Lutsha ne mâche pas ses mots.
Pour lui, les attaques et le sang versé deviennent “semence de gloire”.
Il cite Charles Péguy, l’Écriture et les parcours d’hommes qui se sont levés alors que tout devait les abattre.
Le ton est clair : Si Kabund dérange autant, c’est parce qu’il incarne ce que beaucoup ont perdu : la légitimité.
Le futur jugera ceux qui se sont tus. Cette affaire laissera des traces. Non seulement dans la classe politique, mais aussi dans l’opinion, qui a très bien compris que derrière le silence, se jouent des peurs, des jalousies et des calculs obscurs.
Lutsha conclut avec une mise en garde : Le futur tranchera. Et certains risquent de regretter d’avoir gardé le silence au moment où l’histoire exigeait du courage.
Démain sera meilleur.
Révérend Jonas Lutsha, Conseiller pool Juridique au cabinet du PN-A.Ch- CGC.

