Le clan politique, idéologique et familial de Joseph Kabila Kabange, le président honoraire de la RD Congo serait en train de passer des zones de grandes turbulences au regard des accusations portées contre lui par le gouvernement congolais, avec, en première ligne, le ministre de la Justice Constant Mutamba, et son collègue de l’intérieur Jacquemain Shabani.
Quelques jours après la saisie des patrimoines de Kabila et l’annonce de différentes poursuites judiciaires à son endroit et à son parti politique le PPRD/FCC, le séisme a sonné, avec une mesure sans précédent, de Constant Mutamba contre Kabila. Le parti PPRD est expulsé de son siège historique, niché dans le quartier huppé de la Gombe. La justice annonce que cette parcelle a été spoliée par les occupants.
Dans un communiqué diffusé le 23 avril, Mutamba a annoncé la restitution de cette concession immobilière à sa propriétaire légitime, Madame Serana, après plus de vingt ans d’occupation illégale par Gloria Mteyu, identifiée comme la sœur de Joseph Kabila. Ce site servait de siège au Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), aujourd’hui en chute libre sur l’échiquier politique congolais.
Mais le coup de massue ne s’arrête pas là. Quelques heures plus tôt, le ministre avait interdit à tous les médias nationaux de donner la parole aux membres du PPRD, marquant ainsi un tournant autoritaire dans la gestion des relations entre le pouvoir en place et ce qui reste de l’ancien régime.
Le PPRD, autrefois considéré comme intouchable, semble perdre ses derniers bastions, à la fois physiques et symboliques. Pour Constant Mutamba, cette action s’inscrit dans une volonté claire : faire respecter la loi, même lorsque celle-ci bouscule les anciens détenteurs de pouvoir. Il affirme que la lutte contre l’impunité sera menée sans distinction, conformément à l’article 34 de la Constitution, qui garantit le droit à la propriété privée.
Du côté des partisans de Kabila, c’est le silence glacial. Mais dans les coulisses, certains anciens collaborateurs dénoncent une chasse aux sorcières déguisée. L’éviction du PPRD de son quartier général ressemble plus à une sentence qu’à une simple mesure de justice.

